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Campagne d’exploration des têtes de canyons en Méditerranée

02/06/2010 Patrimoine naturel - Connaissance - Méditerranée

L'Agence des aires marines protégées a entrepris de novembre 2008 à avril 2010 le programme « Canyons de Méditerranée » : une exploration des têtes de canyons sous-marines de Méditerranée, opération ambitieuse pour améliorer la connaissance de ces vallées sous-marines.

De la frontière espagnole à Monaco, de nombreux scientifiques partenaires de l'Agence des aires marines protégées (Ifremer, Ecole pratique des hautes études, Institut des sciences de la mer de Barcelone, Universités de Perpignan, Marseille et Nice, CNRS et ses stations marines de Villefranche sur Mer et de Banyuls…) se sont relayés au fil des mois pour explorer toutes les têtes de canyons et découvrir la biodiversité des grands fonds.Refuge pour certaines espèces patrimoniales, comme les coraux blancs, ces canyons, qui entaillent le plateau continental méditerranéen perpendiculairement au trait de côte, parfois sur plus de 50 kilomètres, sont également reconnus pour leur rôle sur la biodiversité globale du secteur.
Ils servent de zones de reproduction, de nurseries et de nourriceries pour de nombreuses espèces, dont certaines d’intérêt commercial tels les langoustes et les merlus. Cependant, aucune campagne systématique d’exploration n’avait jamais été menée.
 « Celle qui vient de s’achever répondait donc à un besoin important de connaissance, aussi bien de la part des gestionnaires que de celle des scientifiques », justifie Pierre Watremez, responsable scientifique de l’Agence des aires marines protégées.
 Cet état des lieux de la biodiversité et de l’état écologique des canyons a été conduit, de 150 à 700 mètres de profondeur, avec des outils similaires (dont un sous-marin habitable et un autre, téléguidé) et selon une même méthodologie. Ce protocole standardisé, mêlant acquisition d’images, photo et vidéo, relèvements sédimentaires et faunistiques, devrait permettre les comparaisons.
« Ces 18 mois de programme ont permis de produire 500 heures de vidéo, des milliers de clichés photographiques et des dizaines de prélèvements », résume Pierre Watremez. « Au passage, des bancs rocheux coralligènes, situés entre 50 et 200 mètres de profondeur, ont également été explorés. Trop profonds pour les plongeurs, ils ont été peu étudiés jusqu’à présent. Ce travail alimentera la recherche scientifique dans des disciplines variées : biologie, géologie, océanologie physique…
Mais ces nouvelles connaissances sont bien sûr précieuses pour les gestionnaires », reprend Pierre Watremez. « Elles ont déjà servi à étayer la proposition d’inclure la tête du canyon Lacaze-Duthiers, particulièrement riche en coraux blancs, dans le périmètre du projet de parc marin sur la côte Vermeille. Le canyon de Cassidaigne, face à Cassis, est, quant à lui, inclus dans le parc national des Calanques, également à l’étude. Les données récoltées seront, en outre, exploitées dans le cadre de l’élaboration du réseau Natura 2000 en mer. »
 Un atlas de la faune fixée dans ces canyons servira de référence pour de futurs suivis de l’état de santé de ces milieux extraordinaires, qui, malheureusement, ont aussi la caractéristique d’accumuler les déchets d’origine telluriques et les filets de pêche à la dérive...

Pour en savoir plus :

Mots-clés associés : Campagne scientifique

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