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Habitats rocheux et poissons côtiers : les chercheurs s’associent pour mieux les connaitre

06/08/2019 Patrimoine naturel - Connaissance - Coopération - Façade Atlantique

L'état des communautés des habitats rocheux côtiers est particulièrement complexe à évaluer et à surveiller. Depuis trois ans, l'équipe de la station marine du Muséum national d’Histoires naturelles (MNHN) de Dinard a développé et testé une méthode de suivi en plongée des poissons utilisant ce type d'habitats : le protocole PoCoRocH (Poissons Côtiers de Roches et des Herbiers).

Ce protocole est à présent mis en place dans quatre secteurs :

  • la baie de Saint-Malo,
  • le cap Fréhel,
  • les Sept-îles,
  • le Parc naturel marin d'Iroise.

Pour obtenir des résultats exploitables, les observations en plongée doivent être répétées à deux saisons distinctes et sur différents sites de chaque secteur représentant des habitats contrastés (par exemple, à différentes distances de la côte).

Pour le suivi de l'été 2019 en baie de Saint-Malo, deux plongeurs scientifiques de l'AFB sont venus renforcer l'équipe de Dinard. Entre le 23 et le 26 juillet, sept plongées ont ainsi été effectuées sur trois différents sites du secteur, à des profondeurs atteignant 25 mètres. Les cinq plongeurs bénéficient pour cela du nouveau navire affrété par le MNHN : l'Emeraude Explorer, un semi-rigide de 7 mètres parfaitement équipé pour servir de support aux plongées scientifiques.

Les deux plongeurs du Département milieux marins de l'AFB ont appliqué le protocole basé sur le recensement des espèces durant des intervalles de 5 minutes, à différentes strates de profondeurs. Les trois autres plongeurs de l'UMS PatriNat et du MNHN ont déployé un protocole plus complexe, basé sur le parcours d'un transect de 20 mètres de long, permettant de recenser les espèces tout en caractérisant finement l'habitat.

Pendant toutes leurs plongées, ils étaient localisés grâce à des balises acoustiques, permettant notamment au responsable sécurité dans le navire de suivre leurs déplacements en temps réel sur l'ordinateur de bord.

Carte des secteurs explorés

Au total, les deux plongeurs de l’AFB ont recensé près de 3000 poissons, appartenant à une vingtaine d'espèces différentes, en estimant pour chaque individu leur classe taille. Certaines de ces espèces sont bien connues du grand public, voire exploitées commercialement (lieu jaune, tacaud, dorade, bar, vieille). D'autres espèces sont plus discrètes et connues essentiellement des scientifiques et des plongeurs (blennies, gobies, coquette, crénilabre, etc.), mais elles ont un rôle écologique tout aussi important.

Cette première collaboration entre les plongeurs de l’AFB et l'équipe scientifique du CRESCO permet d'envisager d'étendre le suivi des poissons de roches à de nouveaux secteurs, afin de mettre en place un réseau de surveillance à l'échelle de la façade maritime.

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