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Parc naturel de la mer de Corail : mieux connaitre pour mieux gérer

05/08/2019 Vie de l'établissement - Connaissance - Nouvelle-Calédonie

L’acquisition et le renforcement des connaissances dans différentes disciplines doivent permettre de contribuer à la gestion des aires marines protégées, notamment pour l’élaboration et le suivi de mesures de gestion dans le parc naturel de la mer de Corail, en Nouvelle-Calédonie.

Depuis la synthèse des connaissances réalisée dans le cadre de l’Analyse stratégique régionale de l’Espace maritime de la Nouvelle-Calédonie (ASR) ayant contribué à la création du parc naturel de la mer de Corail en 2014, de nouveaux travaux enrichissent régulièrement les connaissances, parmi lesquels, les cinq études ci-dessous.
En juin dernier, la direction des Affaires maritimes (DAM) de la Nouvelle-Calédonie, avec le soutien de l’AFB, ont organisé une restitution de l’ensemble de ces  travaux d’acquisition de connaissances en appui à la gestion du parc naturel de la mer de Corail.

  • Campagne REMMOA (2014/2015) de Recensement des Mammifères Marins et autres mégafaunes pélagiques par Observation Aérienne (Observatoire PELAGIS / Université de la Rochelle / CNRS / AFB)
  • Campagnes Nectalis pour la caractérisation des écosystèmes pélagiques au sein du parc de la mer de Corail (2011 -2016) (CPS, cofinancé par : l’IRD / l’Australian Overseas Aid Program / le programme LEFE-CYBER / l’AFB / le Fonds Pacifique / le programme ZONECO de la Nouvelle-Calédonie)
  • Premiers résultats de la récente campagne d’étude des oiseaux marins aux Chesterfield (avril 2019). Étude des déplacements en mer et des stratégies d’alimentation des puffins fouquets. (IRD, soutenu par : la DAM / l’AFB / l’Ecole Doctorale du Pacifique / programme BIOPELAGOS (fonds de l’UE BEST 2.0, porté par la CPS))
  • Étude du déplacement des tortues marines au sein du PNMC (WWF, en partenariat avec les collectivités et d’autres acteurs impliqués dans la conservation des tortues tels que Bwara Tortues Marines et l’Aquarium des Lagons)
  • Programme WHERE: Explorer la distribution et les habitats des baleines à bosse pour aider à la gestion spatiale du PNMC (IRD, soutenu par : le gouvernement / le WWF / Opération Cétacés / le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire)

Cette restitution a montré l’intérêt d’une synergie entre les différents acteurs afin de croiser les différentes informations collectées pour définir des zones prioritaires à conserver au sein du Parc, voire à l’échelle régionale. Elle contribue notamment à préparer les prochaines réflexions prévues dans le cadre de la mise en œuvre du plan de gestion du Parc, dont la désignation des zones de protection forte.

Présentation des cinq études :

La campagne REMMOA (2014/2015) de Recensement des Mammifères Marins et autres mégafaunes pélagiques par Observation Aérienne sera présentée par Sophie Laran, ingénieur de recherche, Observatoire PELAGIS / Université de la Rochelle / CNRS

Cette campagne d’observation aérienne de la mégafaune pélagique, lancée par l’AFB dans le cadre de son appui aux politiques publiques en matière de création et gestion d’aires marines protégées, vise à identifier des secteurs prioritaires à protéger. Cette phase essentielle d’acquisition des connaissances a été réalisée dans le périmètre du PNMC entre octobre 2014 et janvier 2015. Les abondances de plus de 20 groupes de prédateurs supérieurs marins ont été estimées, avec des résultats inédits jamais réalisés à cette échelle.

> Pour en savoir plus :  regardez cette vidéo sur la campagne REMMOA

Les campagnes Nectalis pour la caractérisation des écosystèmes pélagiques au sein du PNMC (2011 -2016) seront restituées par Valérie Allain, chargée de recherche à la CPS (Communauté du Pacifique)

Les campagnes NECTALIS visent à étudier les niveaux trophiques intermédiaires, le zooplancton et le micronecton, et à mieux caractériser l’écosystème pélagique du PNMC. Un premier partenariat entre l’AFB et la CPS avait permis la réalisation de deux campagnes en 2011 dans la partie nord-est de la ZEE (Nectalis 1 et 2) afin d’acquérir des connaissances relatives au compartiment micronectonique, qui occupe un rôle central dans les réseaux trophiques pélagiques. Après la création du PNMC, la collaboration a été poursuivie pour compléter ces connaissances dans les zones non prospectées par les campagnes précédentes (Nectalis 3, 4 et 5 de 2014 à 2016). La composition spécifique et la distribution du micronecton ont ainsi pu être caractérisées, permettant d’alimenter les connaissances sur les zones à plus forts enjeux de conservation basés sur des critères de diversité, de productivité et de rareté.

Les premiers résultats de la campagne d’étude des oiseaux marins aux Chesterfield (avril 2019) seront dévoilés par Eric Vidal, directeur de recherche à l’IRD. Cette mission concerne l’étude des déplacements en mer et des stratégies d’alimentation des puffins fouquets.  

L’IRD, avec le soutien du gouvernement, de l’AFB, de l’École Doctorale du Pacifique et du programme BIOPELAGOS (BEST 2.0, CPS), a conduit en avril 2019 une mission scientifique pour mieux connaître les stratégies d’alimentation des puffins des îles éloignées des Chesterfield. Cette campagne s’intègre dans un programme de recherche plus large intitulé BIOPELAGOS et particulièrement dans son volet d’études ornithologiques dédié à une meilleure connaissance des stratégies d’alimentation et d'exploitation de l'espace marin par la communauté d’oiseaux marins procellariiformes (puffins, pétrels) de Nouvelle-Calédonie. Ces recherches sont destinées à contribuer à l’identification d’aires marines à protéger. Comme pour tous les grands prédateurs marins, les oiseaux marins peuvent à terme renseigner plus globalement sur l’état écologique des milieux marins, et donc servir d’indicateurs. Les résultats de cette mission, dont les premiers éléments vous seront présentés, permettront de définir des zones d’importance majeure pour leur alimentation, et donc des zones susceptibles de faire l’objet de mesures de protection.

L’étude du déplacement des tortues marines au sein du PNMC sera détaillée par Marc Oremus, coordinateur Programme Marin au WWF

En 2017, le WWF a initié une étude sur le déplacement des tortues marines qui pondent sur les plages de Nouvelle-Calédonie en déployant des balises satellites permettant un suivi à distance. Réalisé en partenariat avec les collectivités et d’autres acteurs impliqués dans l’acquisition de connaissances et la conservation des tortues marines  en Nouvelle-Calédonie, cette étude permet un suivi dans le périmètre des eaux calédoniennes et régionales. Plusieurs espèces de tortues marines fréquentent les eaux de Nouvelle-Calédonie, et certaines se reproduisent notamment sur les îles éloignées du PNMC, à Entrecasteaux ou sur le plateau des Chesterfield-Bellona. Elles sont classées sur la liste rouge de l’IUCN, c’est pourquoi il est nécessaire d’assurer leur sauvegarde en protégeant les sites de ponte, les routes de migration et les zones d’alimentation. L’étude a déjà permis le déploiement d’une trentaine de balises et prévoie la pose d’une quarantaine supplémentaire dans les 2 ans à venir. Elle permettra d’acquérir des connaissances sur ces éléments dans le but de mieux préserver les tortues marines.

Le programme WHERE: Explorer la distribution et les habitats des baleines à bosse pour aider à la gestion spatiale du PNMC, sera présenté par Claire Garrigue, chargée de recherche à l’IRD, et Solène Derville, doctorante à l’IRD

Connaitre la distribution spatiale de la mégafaune marine est nécessaire à l’identification de zones de conservation et à la mise en place de mesure de gestions efficaces. La population de baleines à bosse de Nouvelle-Calédonie est considérée comme en danger par l'UICN mais sa distribution au-delà des eaux côtières de l'archipel demeure mystérieuse. L’objectif général du programme WHERE est d’identifier les habitats de reproduction des baleines à bosse dans le PNMC, d’en caractériser l’usage, d’évaluer leur importance pour la population et de mesurer la connectivité entre ces zones clés. Ce programme développé par l’IRD, est soutenu par le gouvernement, le WWF, Opération Cétacés, le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire.

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