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Réseau des aires marines protégées : 20% et après ?

14/03/2017 Aires marines protégées

Depuis décembre 2016, 22 % des eaux françaises sont couvertes par au moins une aire marine protégée. Il faut maintenant assurer une gestion efficace des sites.

En 2009, la France s’était fixée pour objectif de classer 20 % de sa zone économique exclusive (ZEE) en aires marines protégées d’ici 2020, c’est chose faite depuis 2016. Sur le plan international, la Convention sur la diversité biologique préconise un taux d’au moins 10 %, et précise que les réseaux d’aires marines protégées doivent être « cohérents » et « bien gérés ».

Qu’en est-il du réseau français ?

« En France métropolitaine, une vingtaine de sites Natura 2000 sont en cours de désignation au large. Ils devraient permettre de compléter le réseau des AMP, qui sera alors représentatif des grands écosystèmes marins », analyse Benjamin Ponge, chargé de mission à l’Agence française de pour la biodiversité (AFB).

« En Outre-mer, poursuit-il, les situations sont très contrastées : à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie ou aux Antilles, les AMP couvrent plus de 95% de la ZEE. Dans les îles subantarctiques, 36%. Ailleurs, moins de 10 % en moyenne, et certains territoires en sont pratiquement dépourvus. »

Ces chiffres ne disent pas tout : par exemple, aux Antilles françaises, le sanctuaire Agoa qui couvre toute la ZEE concerne exclusivement les mammifères marins...

Quant à la qualité de la gestion, elle est encore trop peu évaluée.« Les gestionnaires sont plutôt habitués à apprécier les moyens ou les actions mises en œuvre que leurs résultats sur la biodiversité », admet Valérie Fiers, chargée de mission chez Réserves naturelles de France (RNF).

La démarche de suivi et d'évaluation des aires marines protégées

Créée à l’origine pour les parcs naturels marins, puis testée dans différentes aires protégées, notamment dans le cadre d’un partenariat entre l’Agence française pour la biodiversité et l'établissement Réserves naturelles de France (RNF), la démarche « tableau de bord » vise à planifier et à évaluer la gestion. « Elle implique d’avoir une vue synthétique des enjeux, des objectifs à atteindre et des tendances observées sur le terrain, explique Anne-Sophie Barnay, chargée de mission à l’AFB. Le tableau de bord rassemble les indicateurs permettant d’évaluer l’efficacité des actions. On peut donc adapter la gestion en conséquence. Le déploiement de cette démarche va de pair avec l’émergence d’une culture de la qualité de gestion et de son évaluation ».

Valérie Fiers ajoute : « Les bénéfices de cette démarche sont nombreux. Elle donne une vision claire de la vocation de l’aire protégée, de ce qui peut entraver l’atteinte des objectifs. Parfois, elle peut révéler qu’un facteur extérieur à la gestion, comme le changement climatique, empêche d’atteindre les objectifs. C’est aussi un puissant outil d’aide à la décision et à la communication. » 

Feuilletez le tableau de bord des aires marines protégées :

Le partenariat entre l’AFB et RNF se poursuit, et la démarche « tableau de bord » sera présentée au quatrième congrès mondial des AMP, au Chili, en septembre.

En métropole

La création des premières aires marines protégées (AMP) en France est assez ancienne. Dès 1963, le parc national de Port-Cros voit le jour avec une petite partie marine. En 1974, la réserve naturelle nationale de Cerbère–Banyuls (Pyrénées-Orientales) est créée, puis celle de Scandola (Corse-du-Sud), en 1975. Mais entre 1980 et 2000, la création d'AMP marque le pas. En 2006, alors que plusieurs projets de parcs nationaux en mer piétinent, l’outil « parc naturel marin » est créé. Il repose sur la concertation et sur une gouvernance impliquant l’État et les acteurs du milieu marin. Aujourd’hui, la France en compte huit, dont six en métropole.

Au titre du code de l’environnement, notre pays dispose de huit catégories d’AMP, auxquelles il faut ajouter des AMP « internationales » telles que Pelagos, en Méditerranée, dédié aux mammifères marins.
Complémentaires, elles permettent d’organiser la protection et la gestion durable des zones marines selon le contexte.

La moitié de l’étendue du réseau des AMP de métropole est aujourd’hui assurée par le sanctuaire Pelagos, le reste, essentiellement par les sites Natura 2000, protégés au titre des directives européennes « Oiseaux » et « Habitats, faune, flore ».

La couverture est de 45 % en Méditerranée, de 30 % en Manche, mer du Nord et de 12 % en Atlantique. Ce réseau compte peu de protection forte. En outre, il est très côtier, mais il est prévu de désigner cette année de nouveaux sites Natura 2000 au large.

 

Carte des aires marines protégées en métropole

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