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Le grenelle de la mer recommande des réserves de pêche – quelle application ?

Le Grenelle de la Mer a fixé un objectif de 10% d’aires marines protégées dans les eaux territoriales françaises, en 2012, puis 20%, en 2020, dans les eaux sous juridiction française (jusqu’aux 200 milles), dont la moitié en moyenne globale en « réserves de pêche ». Le groupe de travail « aire marine protégée » du Grenelle a été chargé de mettre en place cet engagement. Il s’est appuyé sur une étude, sollicitée par l’Agence auprès d’Agrocampus Ouest, sur les effets des « réserves de pêche », la connaissance et l’expérience des acteurs du milieu maritime (pêcheurs professionnels, ONG, administrations et élus). La recommandation qui en ressort est la mise en place de réserves halieutiques, dans l’objectif de préserver ces ressources, notamment par la protection des zones fonctionnelles (nourriceries, frayères…). Ces protections devront concerner toutes les activités potentiellement impactantes.

Des effets écologiques bénéfiques

L’étude, menée par Agrocampus Ouest et animée par l’Agence, a permis de faire le point sur la connaissance des effets écologiques et socio-économiques des zones d’interdiction permanente ou saisonnière à tout ou partie des activités de pêche. Elle se base sur l’analyse d’études scientifiques et de cas concrets de réserves de pêche, réparties sur l’ensemble du globe. 

L’arrêt de l’exploitation total ou partiel dans une zone permet généralement aux communautés protégées de se reconstituer d’autant plus que la pression d’exploitation antérieure était forte : observation fréquente d’une augmentation de la taille des individus, de leur abondance et de leur biomasse, maintien de la structure démographique des populations et amélioration de leur résilience (résistance) aux perturbations environnementales et anthropiques . Attention, parfois ces mesures peuvent entraîner la prolifération d’espèces non attendues. 

Consultez l'analyse des effets des réserves de pêche

Taille de la réserve

Pour une bonne gestion

  • Concertation avec les pêcheurs
  • Un contrôle efficace conditionne la réussite de la mesure
  • Des réserves intégrées dans un système de gestion des ressources halieutiques plus large

L’effet d’ensemencement des zones extérieures est plus important lorsque la réserve est de taille conséquente. 

Mais, les petites réserves peuvent donner des résultats : 

  •  pour les espèces peu mobiles et très fécondes,
  •  pour les espèces plus mobiles, par un réseau de petites réserves ciblant des périodes/zones clés du cycle de vie (en alternative à une réserve très grande posant des contraintes trop fortes à l’activité de pêche)

Degré de protection de la réserve

Le choix de la forme de restriction adoptée dépend largement des caractéristiques biologiques des espèces (mobilité, fécondité, diffusion larvaire…). Les niveaux de restriction sont aussi à adapter à l’objectif recherché, aux métiers concernés et aux caractéristiques de la zone.

Les réserves intégrales sont très efficaces pour améliorer l’état des populations protégées, ce qui peut conduire à un enrichissement local des zones adjacentes.

Néanmoins, la gestion spatialisée des ressources marines peut être organisée sous la forme de fermetures saisonnières, notamment dans les zones de frayère. Dans ce cas, il convient de prévoir un encadrement adapté lors de la réouverture aux activités pour ne pas perdre le bénéfice de l’effet de la réserve.

L’effet de réserves de pêche sur l’activité

L’effet des réserves de pêche sur l’activité de pêche est encore mal connu. L’établissement de réserves conduit au moins à court terme à une réduction des captures qui varie selon le degré de dépendance des pêcheries et du niveau de restriction d’accès. La possible redistribution de l’effort de pêche doit être prise en compte (impact du report, coût additionnel pour les pêcheurs et conflits potentiels…). 

Les réserves de pêche permettent de contrebalancer l’impact lié à la diminution de la zone de pêche initiale en contribuant à améliorer les captures à proximité de la réserve (effet spillover et diffusion larvaire).

 

 

Le suivi 

Pour un suivi efficace, il est nécessaire de :

  • mener une réflexion avant l’établissement de la réserve de pêche afin de disposer de données de référence et d’évaluer leur efficacité ;
  • partager l’expertise scientifique avec les professionnels de la pêche, les services de l’Etat et l’ensemble des parties ;
  • prolonger sur le long terme en évaluant les effets écologiques et socio-économiques.

Suites des travaux sur les réserves halieutiques

(proposés par le groupe de travail « AMP » du Grenelle)

  • un chantier juridique pour adapter l’outil réserve naturelle actuel aux objectifs des réserves halieutiques ;
  • une compilation bibliographique de la connaissance sur les zones fonctionnelles des espèces d’intérêt halieutiques.