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25 000 pneus hors des mers : une réhabilitation écologique unique en France

Depuis septembre 2018, l’enlèvement de l’ensemble des 22 500 pneus encore immergés dans le site Natura 2000 « Baie et Cap d’Antibes – Iles de Lérins » a été lancé. La première campagne d’automne 2018 a déjà permis le retrait de quelques 10 000 pneus. Ce projet vise la réhabilitation écologique d’un milieu marin de forte sensibilité. L’opération mise en œuvre se doit d’être exemplaire sur le plan environnemental.

Chronologie du projet

La campagne d'enlèvement

En 2015, une opération pilote d’enlèvement de récifs artificiels constitués de 2500 pneus dans le site Natura 2000 « Baie et Cap d’Antibes – Iles de Lérins » a eu lieu. Son objectif premier  : restaurer le milieu marin où les pneumatiques se sont disséminés depuis quelques décennies.

Depuis septembre 2018, l’enlèvement de l’ensemble des 22 500 pneus encore immergés a été lancé. La première campagne d’automne 2018 a déjà permis le retrait de quelques 10 000 pneus.

À venir : trois autres campagnes jusqu’en 2020 aux périodes météorologiques favorables.

Le site Natura 2000 "Baie et Cap d'Antibes-Iles de Lérins"

Ce site comporte deux habitats marins considérés comme ayant la plus haute valeur écologique de Méditerranée :

Les herbiers de posidonies

La Posidonie (Posidonia oceanica) est une plante à fleurs marine que l’on ne trouve qu’en Méditerranée. Les herbiers de posidonies constituent entre autres un abri, une zone de reproduction et d’alimentation pour une multitude d’espèces de poissons et de crustacés.  

 

Le coralligène

Il est constitué d’une agglomération d’algues calcaires dites encroutantes pouvant former des massifs entiers. Ces massifs abritent une multitude d’organismes qui contribuent à l’équilibre des écosystèmes marins et à la chaine alimentaire.

 

 

Parmi les objectifs de gestion de ce site Natura 2000, dont la ville d’Antibes est animatrice, figure l’enlèvement des pneumatiques.

Quatre grands objectifs

  1. Interrompre le processus d’altération

    Chiffres clés

    • Pour chaque campagne, une équipe de 6 à 8 plongeurs interviennent sur les fonds marins compris entre 25 et 35 mètres
    • Chaque plongeur constitue un collier de 10 à 30 pneus qui sera levé à l'aide d'une grue afin d'être stocké dans les bennes à bord du navire

    de l’écosystème et des habitats d’intérêt communautaire. 
  2. Consolider l’équilibre de cet écosystème afin de le conserver. 
  3. Rétablir, dans la mesure  du possible, l’écosystème dans ses fonctions et son état naturel. 
  4. Libérer les fonds marins d’une occupation extensive liée au phénomène de dissémination des pneus au gré de la houle et des courants.

Ce projet vise la réhabilitation écologique d’un milieu marin de forte sensibilité. L’opération mise en œuvre se doit d’être exemplaire sur le plan environnemental.

Les acteurs du projet

L’Agence française pour la biodiversité est accompagnée dans ce projet par quatre partenaires :

  • le Conseil départemental des Alpes-Maritimes
  • la Ville d’Antibes
  • le Comité local des pêches et des élevages marins
  • les deux prud’homies Antibes et Golfe Juan

Étant concessionnaires, co-gestionnaires et animateurs de sites, ils apportent au projet un soutien technique, logistique et contribuent à la communication et sensibilisation autour du projet.

L'historique de l'immersion :

Les pêcheurs professionnels ont suggéré à la fin des années 1970, la création d’une zone marine protégée et des aménagements en récifs artificiels sur le littoral de la commune de Vallauris-Golfe Juan. Les objectifs étaient de développer la production halieutique (augmentation de la ressource) et de soutenir la pêche professionnelle artisanale.
 

Entre 1980 et 1983, la Cellule d’Intervention contre la pollution dans les Alpes-Maritimes (CIPALM – DDE) teste différents matériaux de récupération pour la constitution de récifs artificiels : parpaings et pneumatiques notamment. Elle s’appuie à l’époque sur des expérimentations similaires réalisées à l’étranger, comme aux États-Unis.

Au total, dans la zone marine de Vallauris-Golfe Juan, 8 141 m3 de récifs artificiels sont immergés entre 1980 et 1999 dont des modules en béton, des pneumatiques et des épaves de navires. Environ 3 480 m3 de pneumatiques, soit environ 25 000 pièces, ont été immergés sous forme de petits amas ou de barrières de plus grande taille.

 

Les récifs artificiels en France et dans le monde :

Définition

Un récif artificiel est une structure immergée volontairement, dans le but  de créer, protéger ou restaurer un écosystème marin riche et diversifié.

La France métropolitaine compte aujourd’hui 90 000 mз de récifs artificiels, sachant que des immersions ont également été réalisées dans les DOM et les COM (Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française). La façade méditerranéenne française concentre la plupart des projets de récifs artificiels avec respectivement des volumes immergés de 32 000 mз en Languedoc-Roussillon et 54 000 mз en Provence-Alpes-Côte-D’azur.

Chiffres clés

  • 90 000 : le nombre de m3 de récifs artificiels en France
  • 20 millions : le nombre de m3 de récifs artificiels au Japon
  • 1 000 : le nombre de sites aménagés aux États-Unis
En savoir plus

Les récifs artificiels : http://www.aires-marines.fr/Concilier/Recifs-artificiels