Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractèresRéduire les caractères

Programme REMMOA : des campagnes de suivi des mammifères marins et de la mégafaune pélagique dans les eaux ultra-marines françaises

Les eaux situées autour des départements et collectivités d’outre-mer comportent de nombreux habitats et espèces remarquables des milieux tropicaux particulièrement pour les écosystèmes pélagiques dont la biodiversité et le fonctionnement sont encore peu connus. La répartition et l’abondance des mammifères marins, oiseaux de mer, tortues marines, raies et requins apparaissent comme des éléments clefs pour l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de conservation de la biodiversité marine. L’Agence a lancé, dès 2008, un inventaire de la mégafaune pélagique (programme REMMOA) pour les eaux ultramarines.

Les objectifs des campagnes REMMOA

Les mammifères et les oiseaux marins sont des indicateurs pertinents de l’état des écosystèmes car :

  • des pressions croissantes s’exercent sur beaucoup de ces espèces ;
  • ces espèces qui se reproduisent peu ont une capacité limitée de restaurer des situations dégradées ;
  • la densité en prédateurs supérieurs marins est un reflet de l’état de santé des écosystèmes marins ;
  • la conservation de ces espèces présente des effets bénéfiques pour l’ensemble de la biodiversité marine.

L’objectif général du programme est d’abord d’établir une cartographie de l’abondance relative et de la composition des peuplements de mégafaune pélagique, obtenue selon une méthodologie standardisée. Cela permet des comparaisons régionales et donc l’identification de secteurs prioritaires de conservation. L’analyse des incertitudes autour des données permettra ensuite de proposer la meilleure stratégie de suivi à mettre en place pour mesurer, après l’établissement d’un état initial, l’évolution de ces peuplements sous les effets combinés des changements globaux, des pressions humaines locales ou régionales et des stratégies de conservation mises en œuvre. Ces campagnes, qui permettront d’identifier les zones prioritaires de conservation, sont les premières de ce type à être réalisées dans ces régions.

 Le recensement par observation aérienne est la méthode choisie car elle est beaucoup moins coûteuse par unité d’effort déployé (heure ou km parcouru en observation) qu’un suivi dédié par bateau. Elle permet d’obtenir une photographie générale et quasi-instantanée (de quelques semaines à 3-4 mois au maximum pour une vaste étendue) de la distribution et des densités sur une très vaste surface, ce que ne permet pas l’observation par bateau.

Étendue géographique et calendrier

Quatre régions d’étude ont été définies et font l’objet de campagnes d’observation spécifiques :

  • Antilles-Guyane réalisée en 2008,
  • sud-ouest de l’océan Indien réalisée en 2009-2010,
  • Polynésie française réalisée en 2011 et
  • Nouvelle-Calédonie en 2014-2015.

La première phase sera achevée au printemps 2015. Un travail scientifique utilisant les données acquises est nécessaire pour l’élaboration de la stratégie de suivi. Ayant débuté au printemps 2012, il fait appel à des compétences en biologie et statistique. La phase de suivi débutera en 2016, dans le même ordre que la phase initiale.

Région Atlantique tropical
Antilles et Guyane française
Océan Indien Polynésie française Nouvelle-Calédonie
Wallis et Futuna
Période février-mars 2008
1 avion + 4 scientifiques
ZEE de Guadeloupe, St Martin, St Barthélémy, et de Martinique
Saison sèche (oct. 2008)
1 avion + 4 scientifiques
ZEE de Guyane française
Été austral (déc.2009- avr.2010)
2 avions + 10 scientifiques
Tout ou partie des ZEE de la Réunion, Mayotte, les îles Eparses & Comores, Madagascar, l'île Maurice, les Seychelles
Été austral (janvier 2011-mai.2011)
3 avions + 15 scientifiques
Partie de la ZEE de Polynésie française
Printemps austral (octobre – décembre 2014) 3 avions + 19 scientifiques
Zone d'étude

 

40 % de la ZEE de Nouvelle-Calédonie et 90% de la ZEE de Wallis et Futuna
Effort 8 486 km 7 775 km 89 008 km 98 493 km  
Surface 142 500 km2 132 500 km2 1 405 650 km2 1 750 000 km2 830 000 Km2

Les partenariats

L’Agence supervise la réalisation de ces campagnes dont la mise en œuvre et l’encadrement scientifique ont été confiés au Centre de recherche sur les mammifères marins de l’université de La Rochelle (Observatoire Pelagis, UMS 3419 - Système d’observation pour la conservation des mammifères et oiseaux marins).

Pour les campagnes REMMOA, le CRMM-URL s’appuie sur des réseaux d’acteurs locaux constitués d’ONG et d’institutions impliquées localement dans l’étude et la conservation des mammifères marins. Ces campagnes sont complémentaires des études déjà en cours au niveau local.

Les résultats attendus par l’Agence à l’issue de ces campagnes

Inventaire : le principal bénéfice de ces campagnes est l’acquisition de nouvelles connaissances, au large des côtes, sur les habitats pélagiques et des espèces océaniques actuellement très méconnues.

Conservation : les résultats obtenus permettront d’identifier les habitats prioritaires pour la création et la délimitation ou la gestion d’aires marines protégées ou de sanctuaires pour les mammifères marins.
Ils permettront aussi de définir des indicateurs pertinents pour le suivi de l’état des écosystèmes marins dans le cadre d’une stratégie de surveillance.

Recherche : ces campagnes alimenteront la recherche fondamentale sur l’écologie des prédateurs supérieurs marins.

Sensibilisation scientifique : des rencontres, restitutions publiques, conférences et partenariats avec des écoles accompagnent les campagnes, avec un effort particulier pour le volet Nouvelle-Calédonie. Elles participent à l’appropriation des problématiques et résultats du programme par les populations, acteurs et gestionnaires locaux des milieux étudiés, dans l’optique d’une meilleure protection de ce patrimoine naturel.

 

La campagne REMMOA dans le sud ouest de l’Océan Indien a été complétée par une étude acoustique au voisinage des Iles Eparses. Quatre hydrophones ont été mouillés durant un an. Les enregistrements sont en cours de traitement. Ils fourniront des informations sur la saisonnalité de différentes espèces de mammifères marins ainsi que sur l’impact sonore du trafic maritime.