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Les enjeux : une mer soumises aux pressions humaines

L’analyse stratégique régionale de Martinique réalisée en 2010 a dressé un premier état des lieux des richesses naturelles marines et des pressions qui s’y exercent. Cet état des lieux a été complété et précisé par les éléments apportés par les acteurs lors des réunions de concertation et par les premières observations de l’expédition Madibenthos menée fin 2016 en Martinique.

Les enjeux : de nombreuses pressions sur le milieu naturel

  • Les écosystèmes marins de la Martinique, particulièrement les récifs coralliens, mais aussi les mangroves et les herbiers, sont soumis à de multiples pressions humaines et se dégradent.
  • Des espèces invasives déséquilibrent ces écosystèmes. Notamment le poisson-lion qui se multiplie et exerce une forte pression de prédation sur les juvéniles des autres espèces de poissons et l’herbe marine Halophila stipulacea qui prolifère au dépend des magnoliophytes autochtones.
  • Certaines espèces de poissons et de crustacés sont contaminées par la chlordécone, un pesticide utilisé par le passé dans la culture de la banane. Cette contamination les rend impropres à la consommation ce qui a conduit à l’interdiction totale ou partielle de pêcher sur 200  km² de zones côtières. Plus généralement, le rejet en mer des pesticides utilisés en agriculture et dans les jardins est une des composantes majeure de dégradation des milieux.
  • Les baies, dont la principale est celle de la capitale Fort-de-France, sont les réceptacles des pollutions terrestres, d’autant plus importantes que l’habitat urbain, résidentiel et touristique se développe rapidement. Dans un contexte de forte démographie, l’épuration des eaux des rejets domestiques est le grand défi des années à venir.
  • De nombreuses activités maritimes cohabitent sur le plan d’eau : un important trafic de passagers et de conteneurs, une petite pêche côtière mais également une économie touristique à fort potentiel. Les bateaux de plaisance nécessitent de vastes marinas. Elles occupent de larges zones de mouillages peu ou mal équipées pour la récupération des déchets et le carénage.
  • Les activités de loisir sont très diversifiées et se développent rapidement : nautisme à voile et à moteur, sports de nature (kayak, kitesurf ou surf par exemple), plongée sous-marine, chasse sous-marine, mais aussi observation des mammifères marines ou promenades en mer.

Le Parc naturel marin de Martinique intègre ces problématiques dans ses orientations de gestion afin de proposer des mesures efficaces de préservation du patrimoine naturel et d’encourager le développement durable des activités maritimes.