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Parc naturel marin de Mayotte

Ouverture de la pêche au poulpe à Mbouanatsa : expérimentation réussie du 1er site pilote à Mayotte

23/12/2016 Patrimoine naturel - Sensibilisation - Aires marines protégées - Océan Indien

Après trois mois de fermeture du platier pour laisser les poulpes grossir et se reproduire, les pêcheurs à pied de Mbouanatsa et Mzouazia sont venus nombreux pour l’ouverture de la zone jeudi 15 décembre. Bien que certains aient eu plus de chance que d’autres, les résultats sur l’ensemble de la zone sont clairs : la taille et le nombre de poulpes capturés a augmenté de façon remarquable !

De très bons résultats

Le 18 septembre 2016, le Parc naturel marin de Mayotte, les pêcheuses de Mbouanatsa et Mzouazia et la commune de Bouéni ont inauguré la première zone de fermeture à la pêche sur le platier de Mbouanatsa. Cette expérimentation-­pilote a montré qu’en quelques mois les poulpes se développent rapidement, permettant ainsi d’avoir des rendements plus élevés et des poulpes plus gros.

Jeudi 15 décembre, tous se sont retrouvés pour l’ouverture de la zone. Suite à une pêche de quelques heures, le constat est flagrant !

Quelques chiffres issus du suivi effectué par le Parc :

  • Les poulpes pêchés pesaient en moyenne entre 0,4 et 0,6 kg avant la fermeture tandis que leur poids moyen était de 1,3 kg le jour de la réouverture avec des poulpes atteignant jusqu’à 3,5 kg ! Le poids moyen a donc été multiplié par 2,5 en seulement trois mois de fermeture.
  • Le poids moyen de poulpe par pêcheur était de 2,2 kg à l’ouverture, alors qu’il était de 0,3kg avant la fermeture de la zone, bien qu’il y ait eu plus de pêcheurs que d’habitude - une soixantaine pour l’ouverture -­‐ et que tous n’ont pas réussi à capturer des poulpes. 
  • Les pêcheurs ont passé moins de 3h en action de pêche avec un rendement moyen d’environ 1.5 kg de poulpe/heure/personne. Ce rendement est meilleur que celui du site témoin à Nyambadao - qui n’a pas bénéficié d’une zone de fermeture temporaire - et bien meilleur qu’avant la fermeture.
  • La totalité des captures fut de 150 kg de poulpe le jour de l’ouverture. C’est le record sur l’ensemble des enquêtes réalisées dans tout Mayotte concernant la pêche à pied en 2016. Par ailleurs, certaines captures de très bonnes tailles ont été réalisées en dehors de la zone qui avait été fermée ; cela montre que l’expérimentation est bénéfique à l’ensemble du platier.

Les leviers du projet : appropriation et surveillance

La réussite de cette expérience repose uniquement sur l’implication et la bonne volonté des communautés locales, et sur la collaboration des acteurs du projet pour la surveillance. Le projet n’a pas de dimension réglementaire et s’appuie plutôt sur la dimension sociale.

La zone de fermeture temporaire est donc gérée et surveillée par les habitants eux-­‐mêmes avec le soutien du Parc naturel marin et de la commune. La zone de repos fait environ 1,3 km de long et couvre tout le platier. Cela couvre une surface d’environ 40 hectares.

Tout au long de la période de fermeture, le Parc et la commune de Bouéni ont organisé des réunions de sensibilisation dans les villages, en relatant l’exemple des fermetures réalisées à Velondriake (Madagascar).

Des perspectives pour toute l’île de Mayotte

Les habitants de l’autre site pilote, à Mtsahara dans la commune de Mtsamboro, s’apprêtent à fermer leur platier à l’issu du premier trimestre 2017. En effet, ayant suivi l’expérimentation de Mbouanatsa, les pêcheuses de Mtsahara ne comptent pas agir dans la précipitation et savent que la réussite du projet nécessite quelques préalables : l’information de tous les habitants des villages environnants, une décision concertée de la délimitation de la zone, une bonne communication et l’organisation d’une surveillance collaborative entre le Parc naturel marin, la commune et les villageois.

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