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Ecosystèmes et enjeux

La mer de Corail (dans les eaux françaises) s’étend sur 1 291 000 km², soit la moitié de la superficie de la Méditerranée. Elle se compose de bassins fragmentés d’archipels, caractérisés par des eaux pauvres en éléments nutritifs. Toutefois, des enrichissements localisés sont présents autour des nombreux reliefs. Plus de 500 monts sous-marins et autres élévations remarquables sont identifiés, soit 15% des fonds marins de l’Espace maritime. La profondeur maximale est de -7 919 m dans la fosse des Nouvelles-Hébrides. Il s’agit de la zone la plus profonde des eaux françaises.

Les écosystèmes profonds

L’histoire géologique de l’Espace maritime a favorisé la présence d’habitats profonds diversifiés et fragmentés : rides, monts sous-marins, pentes insulaires et canyons, plaines et fosses abyssales. La présence de sources hydrothermales actives est suspectée.

Certains écosystèmes profonds sont remarquables au niveau mondial pour leur grande diversité biologique (coraux froids, poissons, crustacés, mollusques). 3 à 10 % de l’Espace maritime présentent des habitats favorables au développement de récifs de coraux froids.

La faune profonde de Nouvelle-Calédonie comprend également un grand nombre d’espèces appartenant à des groupes qui étaient considérés comme éteints depuis des millions d’années, comme le nautile, emblème de la Nouvelle-Calédonie.

Les ressources halieutiques profondes sont limitées. Les vivaneaux et le béryx ont été identifiés comme ressources exploitables.

Leurs enjeux

La diversité actuelle des habitats profonds et leur histoire géologique ont favorisé la présence simultanée d’écosystèmes diversifiés et vulnérables, mais aussi de ressources pour la pêche et probablement d’hydrocarbures et de ressources minérales pour l’industrie.

En raison de leur faible taux de renouvellement, les ressources de pêche profondes ne peuvent pas supporter des niveaux d’exploitation élevés. La pêche au chalut provoque des dégâts souvent irrémédiables sur les écosystèmes des fonds sous-marins. La fragilité des ressources nécessite que l’activité soit bien suivie et encadrée.
Le développement d’une exploitation d’hydrocarbures, voire de ressources minérales, dans les zones à forts enjeux de protection et/ou de ressources biologiques exploitables génère de véritables défis en matière de recherche, d’innovation et de responsabilité de la Nouvelle-Calédonie au niveau international. En milieu marin, plus encore qu’en milieu terrestre, les conséquences de l’exploitation des ressources minières ou d’accidents d’exploitation des hydrocarbures peuvent être lourdes sur les écosystèmes et peuvent s’étendre sur de grandes distances en fonction des courants marins.

Les fonds marins du Parc naturel de la mer de Corail :

Les écosystème pélagiques

Les ressources principalement ciblées sont le thon blanc (germon) et le thon jaune.

La flottille palangrière est composée d’une vingtaine de navires locaux, d’une longueur moyenne de 22 m et effectuant des marées de 8 à 12 jours.

L’effort de pêche est peu intense au regard de l’activité développée au niveau régional. L’activité est limitée par la capacité du marché à absorber sa production. L’export représente moins de 30 % de la production, le reste est écoulé sur le marché local. Toutefois, l’activité thonière représente 70 % du CA de la filière pêche de Nouvelle-Calédonie. De plus, avec près de 500 emplois directs et induits (approvisionnement, transformation des produits…), la pêche hauturière a un rôle structurant au sein de la filière pêche.

Les captures en chiffres

Espèces principalement ciblées :

  • Thon blanc : 1 580 tonnes / an
  • Thon jaune : 500 tonnes / an

Autres espèces commercialisées :

  • Marlin : 140 tonnes / an
  • Mahi-mahi : 95 tonnes / an
  • Saumon des dieux : 70 tonnes / an
  • Thon obèse : 65 tonnes / an
  • Requin mako (jusqu'à un passé récent) : jusqu'à 70 tonnes / an

La capture et la commercialisation des requins, entiers ou non, sont interdites depuis 2013.

Les captures de thon blanc s’élèvent à 1 580 tonnes par an, celles de thon jaune à 500 tonnes par an. D’autres espèces font l’objet d’une commercialisation : le marlin (140 t/an), le mahi-mahi (95 t/an), le saumon des dieux (70 t/an), le thon obèse (65 t/an) et, jusqu’à un passé récent, le requin mako (jusqu’à 70 t/an). Elles figurent au rang des captures accessoires.

Leurs enjeux

Les écosystèmes pélagiques sont généralement pauvres mais tendent à être plus productifs autour de certains reliefs marins et dans le sud de la ZEE. Une zone particulièrement riche et diversifiée est identifiée dans l’ouest de l’Espace maritime, notamment autour de la chaîne des guyots de Lord Howe. Cette zone est également en partie exploitée par la pêcherie palangrière, qui enregistre ses meilleurs rendements en espèce cible dans la moitié ouest de la ZEE.
L’activité de pêche pélagique néocalédonienne se déploie essentiellement sur la moitié de la ZEE, de part et d’autre de la Grande Terre. L’activité, bien encadrée, n’a aucun impact sur les habitats et exerce une pression limitée sur les ressources pélagiques régionales. Des captures accidentelles de requins et parfois d’autres espèces emblématiques sont cependant encore observées.

Les îles et les récifs

Trois catégories de récifs coralliens sont présentes dans la ZEE : des récifs d’îles océaniques, des atolls et des bancs.

De nombreuses espèces connaissent une longue phase larvaire en pleine eau. Cette caractéristique favorise leur dispersion à travers la mer de Corail, voire tout le Pacifique Ouest. L’endémisme insulaire des espèces marines est ainsi relativement faible dans le Pacifique. Toutefois, des espèces nouvelles ou spécifiques  aux iles Éloignées sont observées  (compte tenu de leur isolement) : coquillages,  raies, algues, coraux, échinodermes et poissons de récif. C’est particulièrement vrai pour les récifs de Chesterfield.

L’activité de pêche est peu développée dans ces espaces récifaux éloignés.
L’activité touristique doit faire l’objet d’un encadrement, d’un suivi et d’une évaluation. Les îles éloignées, sans aucune infrastructure d’accueil, ne se prêtent pas à une fréquentation touristique et plaisancière intensive. La fréquentation humaine y est épisiodique, avec une forte augmentation de l’activité de croisière de masse depuis 2009.

Leurs enjeux

Dans les écosystèmes coralliens, la pêche déclarée présente des tonnages limités mais des activités illicites peuvent s’y développer dans un contexte de surveillance moins intense que dans les zones côtières. Les faibles biomasses observées dans le milieu posent la question de la durabilité de l’exploitation.
Des impacts sont observés sur les îles Éloignées qui ont fait l’objet d’une exploitation antérieure ou font actuellement l’objet d’une fréquentation. Outre le dérangement des colonies d’oiseaux en période de nidification et la dégradation des habitats, les principaux impacts sont liés à l’introduction d’espèces animales et/ou végétales, souvent invasives, qui entraînent des déséquilibres dans les écosystèmes terrestres.

Des écosystèmes interconnectés

Les relations entre les différents écosystèmes sont multiples : flux d’énergie et de nourriture, déplacement des espèces pour accomplir leur cycle de vie...