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Patrimoine culturel et historique

Le lien à l’océan est un élément essentiel dans la culture et l’identité Kanak.

Un lien très fort à l’océan

Il est aujourd’hui reconnu que certains récifs et îles Éloignées de l’Espace maritime de la Nouvelle-Calédonie ont été utilisés par les communautés mélanésiennes locales. Il existe ainsi, par exemple, un lien traditionnel entre les îles et récifs d’Entrecasteaux et la population kanak de Bélep.

Dans la culture kanak, la mer est représentée et appropriée de la même façon que les autres systèmes naturels (montagnes, forêts, rivières…). Les zones maritimes sont perçues comme des extensions des limites du territoire foncier même si les limites deviennent plus floues vers le large. La mer revêt une forte valeur symbolique et de nombreux clans se retrouvent dans des totems naturels du milieu marin. La mer est une source d’une grande diversité de mythes, légendes, croyances et rites.

Au sein de la société néo-calédonienne prise dans son ensemble, la mer est perçue comme étant à la fois une grande richesse environnementale pour la Nouvelle-Calédonie mais aussi une source de richesse économique et un lieu d’usages diversifiés.

 

Une occupation parfois ancienne des îles Éloignées

L’île de Walpole est aujourd’hui inhabitée mais présente des vestiges d’une occupation passée.

Les fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour un grand nombre d’objets (charbon, os et coquillages travaillés, biseautés, percés, taillés…) et des restes humains, témoins d’une longue occupation préhistorique d’origines mélanésienne et polynésienne.

Sur l’île de Hunter, trois structures d’origine humaine ont été partiellement étudiées, mais il est en l’état difficile d’attribuer une origine précise aux éléments observés.

L’exploitation du guano

Certains îlots des atolls des Chesterfield et d’Entrecasteaux, ainsi que l’île Walpole, ont fait l’objet d’une exploitation de leurs dépôts phosphatés (guano) à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Cette exploitation, qui a duré plusieurs dizaines d’années, a entraîné la dégradation des habitats (introduction d’espèces envahissantes, destruction de la végétation et des sols), affectant notamment les colonies d’oiseaux marins.

La chasse à la baleine et au cachalot

Entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1970, une intense activité de chasse à la baleine et au cachalot a durablement perturbé les populations de nombreuses espèces de mammifères marins dans le Pacifique et notamment en Nouvelle-Calédonie.

Les principales zones de chasse, au sein de l’Espace maritime de la Nouvelle-Calédonie, étaient les eaux situées autour des Chesterfield et de la chaîne des guyots de Lord Howe, ainsi que de Matthew et Walpole. Une base baleinière fut ainsi installée à Chesterfield en 1863.

Sur les îles Éloignées de l’Espace maritime, les baleiniers ont probablement entraîné l’introduction d’espèces envahissantes (rats, souris…) et ont provoqué des dégradations de l’habitat en coupant les bois de chauffe utilisés pour la fonte des graisses.

 

Les vestiges de l’histoire maritime

L’histoire maritime de la Nouvelle-Calédonie a été marquée par de nombreux naufrages au cours des XIXe et XXe siècles. L’association Fortunes de mer calédoniennes a réalisé un travail d’inventaire, d’identification et de fouille archéologique des épaves. 270 naufrages ont ainsi été répertoriés en archive, 70 épaves identifiées, dont 30 inventoriées par l’association. Un énorme travail de fouille archéologique des zones de naufrage reste encore à réaliser. 48 épaves ont déjà été identifiées sur les récifs de l’Espace maritime de la Nouvelle-Calédonie.

La majorité des pays du Pacifique et d’Asie de l’Est a été concernée par des batailles navales durant la Seconde Guerre mondiale. Le pétrole, les produits chimiques et les engins non explosés à bord des épaves des navires de guerre et de marchandises présentent un risque réel et significatif de pollution marine pour les pays du Pacifique. Un important travail de dépollution et déminage est en cours à l’échelon régional.