Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractèresRéduire les caractères

Les aires marines protégées reconnues au titre des conventions internationales et régionales

L’arrêté du 03 juin 2011 intègre, dans la liste officielle des aires marines protégées françaises, les aires marines protégées reconnues au titre de conventions  internationales et régionales. Il existe, en effet, des modes de désignations permettant de distinguer des espaces protégés considérés pour l’importance internationale et régionale des milieux et des espèces qu’ils abritent.

Les précisions apportées par l’arrêté du 3 juin 2011 constituent un facteur important d’amélioration de la visibilité des actions françaises en matière de préservation de la biodiversité marine. Il intègre à la notion d’ « aires marines protégées » les espaces faisant l’objet d’une reconnaissance internationale et/ou régionale.
Les enjeux trans-frontaliers de préservation de la biodiversité marine ont, en effet, amené des programmes internationaux à souligner l’importance au niveau mondial ou régional de certaines aires marines protégées. La convention Ramsar, la convention relative au patrimoine mondial de l’humanité et le programme « Man and Biosphere » de l’UNESCO s’attachent ainsi à reconnaître et promouvoir la dimension internationale de certains sites.
De même, au sein de certaines conventions dites de "mer régionale", des reconnaissances régionales ont pu être développées notamment dans le cadre de la Convention OSPAR pour l'Atlantique nord-est, de la Convention de Barcelone pour la Méditerranée ou encore de la convention de Carthagène pour les Caraïbes.

Les zones humides d'importance internationale (convention Ramsar)

Adoptée à Ramsar (Iran) en 1971, la Convention Ramsar est le seul traité mondial du domaine de l’environnement qui porte sur un écosystème particulier. Il a pour mission « la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ». Avant-gardiste, la Convention Ramsar vise au « maintien de caractéristiques écologiques des zones humides obtenu par la mise en œuvre d’approches par écosystème dans le contexte du développement durable ». En adoptant la Convention de Ramsar, chaque Etat Partie doit (Article 2.4) inscrire une zone humide au moins sur la liste des zones humides d'importance internationale.

La France possède 43 sites reconnus Ramsar, (exemples : la baie du Mont Saint-Michel, le golfe du Morbihan, la Camargue). Parmi ceux-ci, un certain nombre sont situés en outre-mer, comme :

  • le lagon de Moorea en Polynésie française,
  • le Grand Cul-de-sac marin en Guadeloupe,
  • l'île d'Europa dans les terres australes et antarctiques françaises,

Les parties marines, jusqu’à 6 mètres de profondeur permanente, sont comprises dans le champ de la convention. Au regard des sites marins français, ce sont principalement les grandes baies ou estuaires riches en oiseaux d’eau à l’interface terre-mer, des lagons qui sont désignés pour le moment ; de nombreux projets sont en cours.

Le choix des sites RAMSAR est fondé sur leur importance internationale du point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique. Au fil des années, des précisions ont été apportées pour interpréter le texte de la Convention et déterminer les critères d’identification des zones humides d’importance internationale. En droit français, le processus d’inscription fait l’objet d’une circulaire particulière (circulaire du 24 décembre 2009).

Les Parties contractantes peuvent également décider d'intégrer des sites Ramsar, nouveaux ou déjà inscrits, dans des Sites Ramsar trans-frontaliers, reconnaissant qu'une zone humide cohérente sur le plan écologique s'étend au-delà des frontières nationales et le notifient au Secrétariat de la convention.

Les Biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial

Signée en 1972, la Convention de l’UNESCO pour le patrimoine mondial reconnaît l’interaction entre l’être humain et la nature et le besoin fondamental de préserver l’équilibre entre les deux. L’inscription sur la liste du patrimoine mondial confère un prestige qui joue souvent un rôle catalyseur dans la sensibilisation à la préservation du patrimoine. Les biens ainsi reconnus doivent correspondre à des biens d’importance universelle incarnant des exemples exceptionnels de la diversité de la culture et de la richesse de la nature. On parle alors de biens naturels et/ou culturels.

Au titre des biens naturels, il existe à l’heure actuelle 46 sites marins reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle. Ces biens ont été inscrits sur la base quatre critères définis par la Convention de l’UNESCO .

En savoir plus :le Programme marin du patrimoine mondial (UNESCO)

La France dispose à l’heure actuelle de trois biens marins inscrits sur la liste du Patrimoine mondial :

  • golfe de Porto : calanche de Piana, golfe de Girolata, réserve de Scandola ;
  • lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés ;
  • le mont Saint-Michel et sa baie.

L’Agence partenaire du Patrimoine mondial

L’objectif de ce partenariat :

  • appuyer les activités du Programme marin dans les régions intéressant le domaine marin français
  • approfondir son soutien aux gestionnaires français de biens marins inscrits au Patrimoine mondial.

Elle a ainsi contribué à la tenue d’un atelier régional pour l’Océan indien visant à identifier de nouveau sites potentiels à faire reconnaître dans la liste du Patrimoine mondial et participé aux premières rencontres des gestionnaires de biens marins au Patrimoine mondial organisées à Hawaii en 2010.

L’Agence apporte son concours aux collectivités et acteurs désireux de valoriser le patrimoine marin français au travers de la liste du patrimoine mondial.

Exemples d’actions menées par l’Agence :

  • La campagne océanographique dans les eaux des îles Marquises (Polynésie française), qui font l’objet d’un projet de candidature au patrimoine mondial.
    Objectif : apporter de nouvelles informations sur le patrimoine naturel marin et étayer les richesses « universelles, exceptionnelles » de celui-ci.
  • En Nouvelle-Calédonie : appui aux gestionnaires que sont les provinces et le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, à leur demande.
  • La gestion des enjeux marins de la baie du mont Saint-Michel sera prise en charge par le parc naturel marin du golfe normand-breton, en lien avec les démarches locales de gestion intégrée des zones côtières menées par les collectivités et le Conservatoire du littoral notamment. Elle devrait s’appuyer aussi sur un site classé qui est en cours d’instruction par les 2 DREAL concernées.
  • En Corse, au travers d'un analyse stratégique régionale, l’Agence apporte son appui à l’extension de la réserve de Scandola qui fait partie du bien marin au patrimoine mondial existant.
  • En 2013, l’Agence a co-organisé les deuxièmes rencontres des gestionnaires des biens marins au Patrimoine mondial en Corse, dans le cadre de la troisième conférence internationale des aires marines protégées (IMPAC3).

Les réserves de Biosphère

Initié au début des années 70, le programme Man and Biosphere (MAB) de l’UNESCO repose sur des travaux de recherche interdisciplinaires visant à améliorer les relations homme-nature au niveau mondial afin de réduire la perte de biodiversité et d’en traiter les aspects écologiques, sociaux et économiques. Afin de mettre en application ces travaux interdisciplinaires, le programme MAB s’appuie sur le Réseau mondial de réserves de biosphère. Ces espaces sont conçus comme des sites d’apprentissage pour le développement durable basé sur les efforts combinés des communautés locales et du monde scientifique.

Consultez les rôles principaux des réserves de biosphère

Il existe en France 13 réserves de Biosphère dont cinq concernant des espaces marins :

  • les îles et la mer d’Iroise (au large du Finistère),
  • Fakarava (en Polynésie française dans l’archipel des Tuamotu),
  • la vallée du Fango (en Corse),
  • la Camargue (au large du Guard et des Bouches-du-Rhône),
  • l’archipel de Guadeloupe.

Le Parc naturel marin d’Iroise est co-gestionnaire de la réserve de biosphère des îles et de la mer d’Iroise avec le Parc naturel régional d’Armorique pour les parties terrestres habitées. En Guadeloupe, c’est le Parc national de la Guadeloupe qui est structure de gestion de la réserve de biosphère.