Conservation des dugongs en Nouvelle-Calédonie
Mammifère marin fortement menacé dans l’ensemble de son aire de répartition indo-pacifique, le dugong (ou vache marine) est l’unique représentant de la famille des Siréniens, et est classé comme espèce vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN.
Le « plan d’actions Dugong 2010-2015 » vise à initier une démarche pérenne en faveur de la conservation de la population de dugongs en Nouvelle-Calédonie.
Le dugong (Dugong dugon) en Nouvelle-Calédonie
État des lieux
Le dugong est une espèce « emblématique » ayant contribué à l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO des « Lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés », en raison du nombre encore important d’individus fréquentant ces eaux.
Deux campagnes de survols aériens menées en 2003 et 2008 dans le cadre du programme ZONECO en Nouvelle-Calédonie ont permis d’estimer la population entre 1 000 et 2 000 animaux, soit une des populations les plus importantes à l’échelle mondiale, derrière l’Australie (70 000 dugongs) et les Emirats Arabes Unis (6 000 dugongs).
Deux nouvelles campagnes réalisées en 2011 et 2012 dans le cadre du « plan d’actions Dugong 2010-2015 » permettront de mieux comprendre l’abondance de la population, la distribution des dugongs et ses variations saisonnières.
Ces campagnes ont, en outre, abouti à une première identification de la répartition de la population de dugongs autour de la grande terre.
>> Carte de la répartition des dugongs de Nouvelle-Calédonie autour de la grande terre
En dehors des données issues de ces précédentes campagnes de survol, peu de connaissances sont disponibles sur le statut de cette espèce en Nouvelle-Calédonie. Ce manque de données ne permet pas d’optimiser la mise en place de mesures adaptées aux enjeux spécifiques de conservation.
Conservation
La conservation de la population de dugongs de Nouvelle-Calédonie est assurée par divers outils, réglementaires ou non.
À l’échelle territoriale, la chasse au dugong est interdite dans toute la Nouvelle-Calédonie depuis 1962, à l’exception de dérogations délivrées pour des évènements coutumiers mélanésiens. Depuis 2004, la province Sud a totalement interdit la chasse au dugong, même pour évènement coutumier, alors que des dérogations peuvent toujours être délivrées en province Nord. Le nombre de dérogations délivrées dans cette province reste cependant faible (15 entre 1995 et 2004, aucune depuis 2004).
À l’échelle du Pacifique, un plan d’actions pour la sauvegarde du dugong 2008-2012 a été mis en place par le Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE). Ce plan d’actions est organisé en 9 thèmes clés.
À l’échelle internationale, un Mémorandum d’Entente sur la conservation et la gestion des dugongs et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition a été mis en place par la Convention pour les Espèces Migratrices (CMS). Son objectif est de favoriser les actions transfrontalières en faveur des populations de dugongs et de leurs habitats. Il est effectif depuis le 31 octobre 2007. Il avait alors été signé par 7 pays abritant des populations de dugongs – dont la France (présence de dugongs dans les eaux de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie) - et regroupe aujourd’hui 18 pays signataires.
Le PROE et la CMS travaillent en étroite collaboration, et ont signé, en 2005, un protocole de coopération ayant pour but principal de renforcer la programmation conjointe de leurs activités. Le plan d’actions pour la sauvegarde du dugong en Nouvelle-Calédonie suit les recommandations du Mémorandum d’Entente.
Le plan d’actions dugong 2010-2015 en Nouvelle-Calédonie
Le plan d’actions dugong a été élaboré et mis en place par l’Agence des aires marine protégées - qui en assure l’animation -, la province Nord, la province Sud, la province des Iles Loyauté, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le Sénat coutumier, l’Etat, le WWF et Opération Cétacés.
D’une durée initiale de trois ans (2010-2012), le plan d’actions est articulé selon trois volets :
- connaissance,
- sensibilisation/éducation/communication,
- gouvernance.
Le projet est finalement prolongé de 2 années compte tenu du lancement d’une thèse en décembre 2011.
Volet éducation, sensibilisation et communication
Le public cible comprend les écoles, les professionnels de la mer, le grand public et les usagers du lagon.
Les initiatives en cours sont soutenues et étendues.
Un programme de travail sera élaboré en 2012 et des actions complémentaires initiées dès 2013.
Volet gouvernance
Objectif : construire une connaissance partagée sur les enjeux locaux de conservation et s’inscrire dans les dynamiques régionales et internationales.
Un groupe technique restreint, composé des partenaires du plan d’actions, a été mis en place. Il se réunit régulièrement afin d’échanger sur la mise en place et les résultats des études menées dans le cadre du plan d’actions.
Un groupe technique élargi est à mettre en place. Il regroupera autour des membres du groupe restreint les professionnels de la pêche, les usagers du lagon (clubs de plongée, locations de bateaux, clubs nautiques, pêcheurs plaisanciers...), les ONG, associations d’éducation à l’environnement, les aires coutumières… La liste sera ouverte à tous les acteurs souhaitant mieux comprendre les enjeux de conservation de cette espèce et agir en sa faveur de diverses manières possibles, dont les sciences participatives ou la sensibilisation.
Dans la mesure du possible, les travaux menés en Nouvelle-Calédonie contribuent à la mise en œuvre des axes de travail prévus dans le cadre du plan d’action quinquennal du PROE.
Le plan d’actions dugong a, en outre, été valorisé par la délégation française lors la première réunion officielle des parties signataires du Mémorandum d’Entente sur la conservation du dugong (CMS), en septembre 2010 à Abu Dhabi. La deuxième réunion aura lieu en décembre 2012 à Manille. Les résultats des travaux menés en Nouvelle-Calédonie y seront de nouveau présentés.
Pérennisation de la dynamique créée par le projet
Les actions réalisées dans le cadre du plan d’actions et leurs résultats contribueront à l’élaboration d’une seconde phase de projet permettant de pérenniser ce programme commun de conservation à l’échelle du Pays après 2015.











