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Protection du dugong

Le dugong, dugong dugon, est un mammifère marin de l’ordre des siréniens, unique représentant de la famille des Dugongidae, depuis la disparition de la Rhytine de Steller. Le dugong est fortement menacé dans l’ensemble de son aire de répartition, de l’Afrique orientale jusqu’au Vanuatu, il est classé Vulnérable sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

Un inlassable brouteur

Le dugong est un herbivore qui vit principalement près des zones côtières, dans des eaux peu profondes. Il se nourrit principalement d’herbes marines, les phanérogames, formant des prairies sous marines. Le dugong peut passer jusqu’à 16h par jour à s’alimenter, consommant jusqu’à 30 kg d’herbes marines. Il privilégie deux espèces : halophila spp. et halodule spp. Il se nourrit généralement jusqu’à 10 m de profondeur, mais peut occasionnellement se nourrir à des profondeurs plus importantes, jusqu’à 30-40 m.

Le dugong adulte peut peser jusqu’à 450 kg et mesurer 3 m de long. Sa morphologie est adaptée au milieu marin. Il est doté d’un corps massif, profilé et fusiforme, se terminant par une nageoire caudale large, échancrée et aplatie horizontalement. C’est d’ailleurs cette dernière caractéristique qui permet de le distinguer facilement du lamantin, son proche cousin, avec lequel il est souvent confondu.

Une espèce fragile et menacée

Mammifère marin, le dugong ne se reproduit que très tardivement. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 10 et 17 ans et n’ont qu’un seul petit par portée. Durant leur durée de vie (jusqu’à 70 ans), les femelles ne peuvent avoir que 5 à 6 petits, caractérisant un faible taux de reproduction. De plus, ce taux est influencé par la disponibilité des ressources alimentaires : lorsque la nourriture est moins abondante, le dugong peut cesser de se reproduire.
La population de dugong est donc fragile. Vivant près des côtes, son habitat est potentiellement soumis à de fortes perturbations, auxquelles sont ajoutées les menaces pesant directement sur l’espèce :

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Les collisions avec les embarcations nautiques, les captures accidentelles dans les filets de pêche et le braconnage sont les principales menaces pesant sur l’espèce. Son habitat ainsi que les herbiers dont il se nourrit, peuvent être dégradés par les activités humaines : mouillages inadaptés, urbanisation, développement des infrastructures sur le littoral, agriculture non raisonnée, développement minier...

Conservation – De l’international au local

À l’échelle internationale

Un Mémorandum d’Entente sur la conservation et la gestion des dugongs et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition a été mis en place par la Convention pour les Espèces Migratrices (CMS). Son objectif est de favoriser les actions transfrontalières en faveur des populations de dugong et de leurs habitats. Il est effectif depuis le 31 octobre 2007. Il avait alors été signé par 7 pays abritant des populations de dugong – dont la France (présence de dugongs dans les eaux de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie) - et regroupe aujourd’hui 18 pays signataires.

Le Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE) et la CMS travaillent en étroite collaboration, et ont signé, en 2005, un protocole de coopération ayant pour but principal de renforcer la programmation conjointe de leurs activités. Le plan d’actions pour la sauvegarde du dugong en Nouvelle-Calédonie suit les recommandations du Mémorandum d’Entente.

À l’échelle nationale

Un plan national d’actions en faveur du dugong 2012-2016, volet Mayotte, a été mis en place par le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie. Il vise notamment à réduire à zéro les mortalités directes par les captures accidentelles dans les engins de pêche. A Mayotte, la population de dugong est estimée à moins de dix individus.

À l’échelle du Pacifique

Un plan d’actions pour la sauvegarde du dugong a été mis en place à partir de 2008 par le Programme Régional Océanien de l’Environnement (PROE). Ce plan d’actions est organisé en 9 thèmes clés.
En Nouvelle-Calédonie, la chasse au dugong est interdite, sauf dérogation pour des fêtes traditionnelles et coutumières, dans toute la Nouvelle-Calédonie depuis 1963. Depuis 2004, la province Sud a totalement interdit la chasse, même pour un évènement coutumier, alors que des dérogations peuvent toujours être délivrées en province Nord pour certaines fêtes coutumières. Le nombre de dérogations délivrées dans cette province reste cependant faible (15 entre 1995 et 2004, aucune depuis 2004).

Un plan d’actions dugong a été mis en place en 2010 avec les collectivités locales et les associations, articulé selon 3 volets : connaitre, faire connaitre, protéger.

Plan national d'actions en faveur du dugong

Le plan d'actions dugong en Nouvelle-Calédonie
Plan rapproché de deux dugongs nageant côte à côte dans leur milieu naturel

La première phase (2010-2015) du plan d’actions dugong vise à initier une démarche participative, collaborative et pérenne en faveur de la préservation du dugong. A l’initiative des provinces de la Nouvelle-Calédonie, le plan d’actions a été élaboré par l’Agence des aires marines protégées (…)

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Le plan d'actions en faveur du dugong à Mayotte

Dugong Mayotte - Marc Allaria - 650x433

En 2010, la situation préoccupante du statut du dugong, espèce classée Vulnérable par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), conduit le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie à se doter d’un volet Mayotte du Plan National d’Actions en faveur (…)

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