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Campagne Remmoa : la mégafaune pélagique guyanaise lève le voile

19/10/2017 Patrimoine naturel - Connaissance - Guyane

Il n’aura pas fallu plus de deux semaines à l’équipe de Remmoa pour survoler la totalité de l’espace marin guyanais. La campagne d’observation aérienne de la mégafaune pélagique a, en effet, bénéficié de conditions météorologiques idéales permettant jusqu’à 7 heures de vol par jour aux deux avions en place. Comme pour la première campagne menée il y a près de 10 ans, la mégafaune des eaux guyanaise surprend par sa richesse et sa diversité. Des analyses plus poussées permettront aux scientifiques de comparer ces données avec celles obtenues en 2008 afin de suivre l’évolution des populations de cétacés, raies, requins, tortues et oiseaux.  L’équipe de Remmoa est maintenant de retour en Guadeloupe pour reprendre les survols des petites Antilles.

Une grande variété de cétacés dont des baleines à bosse

Des groupes allant jusqu’à 80 individus de Sotalies, l’emblématique dauphin de Guyane, ont été observés. Comme en 2008, sa présence se limite à la bande côtière. D’autres espèces de delphinidés régulièrement rencontrées en Guyane ont été recensées comme les dauphins tachetés, le dauphin à long bec, le dauphin d'Électre et le globicéphale. Les observations de grand dauphin ont quant à elles été plus rares qu’en 2008. 
Des cétacés plus imposants comme les orques, les baleines à bec, et les cachalots ont également été recensés. Ces deux derniers étant de grands plongeurs, ils fréquentent avant tout le talus continental au large.

Totalement absente des relevés de 2008, la baleine à bosse a été observée à cinq reprises et certaines étaient accompagnées de leur jeune. Cette étonnante découverte est un élément marquant de la campagne.
De juillet à octobre les baleines à bosse de la population de l'ouest de l'Atlantique sud fréquentent les côtes brésiliennes pour s’y reproduire ou mettre bas avant de retourner en Antarctique pour se nourrir. Les individus rencontrés par la mission pourraient appartenir à cette population. Ces baleines auraient continué leur route jusqu’à atteindre les côtes guyanaises, au nord de l'équateur.

Des requins baleines et des raies manta

De nombreux requins et raies ont été observées dont deux requins baleines d'une dizaine de mètres et des rassemblements de raies mourine au large. La découverte faite lors de la campagne Remmoa de 2008 de la présence de raies manta en Guyane s’est confirmée avec des dizaines d’observations sur le plateau continental.

Des oiseaux marins nombreux près des côtes

De nombreux oiseaux ont été rencontrés près des côtes ; principalement des sternes royales, sternes de Cayenne et sternes caugek. Les observations au large, moins nombreuses, concernaient des sternes fuligineuses ou bridées, des noddis bruns, des puffins d’Audubon et plus exceptionnellement des océanites. Les frégates sont, quant à elles, concentrées autour du Grand Connétable où elles nichent.

Restitution des premiers résultats à chaud en Guyane

Plusieurs interventions pédagogiques dans les écoles de Cayenne et de Saint Laurent du Maroni ont permis à l’équipe de sensibiliser le jeune public à la richesse de mégafaune marine de Guyane.

Les résultats préliminaires ont également été présentés cette semaine lors d'une conférence publique animée par le GEPOG, association guyanaise partenaire de la mission.

 

 

 

Place aux Antilles puis au traitement des données

L’équipe est repartie en Guadeloupe où elle va effectuer les survols des petites Antilles. Une fois cette période de terrain terminée les scientifiques se lanceront dans l’analyse des données. Ils pourront alors délimiter les zones les plus fréquentés par les différentes espèces. Destinées aux gestionnaires, ces informations permettent d’appuyer l’évolution de la réglementation sur la pêche ou le trafic maritime. Elles sont complémentaires avec les études menées localement.

En comparant les résultats de cette campagne avec ceux de la première campagne de 2008 il sera également possible de suivre, sur dix ans, l’évolution temporelle de la mégafaune (évolution des effectifs, déplacement des aires de répartition). Dans le contexte actuel de changement climatique, ces informations sont précieuses pour comprendre l’effet des variations des paramètres environnementaux sur la mégafaune.

 

Financé et supervisé par l’Agence française pour la biodiversité, le programme est mis en œuvre par l’observatoire Pelagis (CNRS et Université de La Rochelle).

En savoir plus :

Programme Remmoa

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