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Récifs artificiels et aires marines protégées

L'immersion de récifs artificiels sur des fonds appauvris favorise la fixation de la faune et de la flore ce qui permet une recolonisation des fonds marins et peut conduire à une valorisation des ressources halieutiques. Ils répondent aux dégradations constantes sur l’environnement marin. Le rôle structurant et fédérateur des aires marines protégés contribue à mieux encadrer les projets d’aménagements en récifs artificiels, à leur gestion et au suivi. Avec un réseau cohérent d’aires marines protégées, les projets d’implantation pourront être analysés à une échelle globale.

Des outils de gestion de la bande côtière

Un récif artificiel peut se définir comme une structure immergée volontairement dans le but de créer, protéger ou restaurer un écosystème. Ces structures cherchent à imiter les caractéristiques des substrats naturels, généralement les fonds durs. 

Les récifs artificiels en France

  • 100 000 m3 avec environ 35 000 m3 en Languedoc-Roussillon et 55 000 m3 en Provence-Alpes-Côte d’Azur dont 32 000 pour le seul site de Marseille
  • Immersions sur les façades Atlantique (Landes, Pays de Loire…), Manche-Mer du Nord (Fécamp) et en outre-mer (Antilles, Réunion, Polynésie, Nouvelle Calédonie)

L’immersion de récifs artificiels vise cinq objectifs qui font débat :  

  • la reconstitution de biocénoses marines,
  • la production halieutique,
  • la protection des biocénoses marines,
  • les activités ludiques ou pédagogiques,
  • la Recherche & Développement.

Ils ont pour vocation :

  • d’organiser les usages dans la bande côtière (création de nouvelles zones de pêche, de plongée sous-marine, délestage de zones très fréquentées, protection de la bande côtière contre la pratique illégale de certains arts de pêche…) ; 
  • de soutenir la biodiversité (renforcement de certains habitats, augmentation de la production halieutique, restauration d’habitats dégradés).

Les matériaux utilisés pour ces récifs artificiels vont de la structure spécialement créée aux épaves de voitures, de bateaux ou encore des amas de pneus, etc. Les sensibilités de nos sociétés évoluant, le béton est de plus en plus privilégié. Les formes varient également afin d’optimiser leur fonctionnement.

Réflexion autour d’une stratégie d’implantation des récifs artificiels

Dans le cadre de la réflexion menée sur l’élaboration d’une stratégie d’implantation des récifs artificiels en Languedoc-Roussillon et en PACA, l’Agence a apporté des éléments de réflexion :

  • il n’y a pas d’incompatibilité entre aires marines protégées et l’immersion de récifs artificiels ;
  • la responsabilité de l’aménagement incombe au maitre d’ouvrage qui n’est pas nécessairement l’aire marine protégée ;
  • les projets doivent être justifiés de manière plus fine au regard des enjeux et objectifs de gestion locaux.
  • les expériences passées sont utiles et le cadre de l’aire marine protégée doit permettre d’en tirer les meilleurs enseignements ;
  • dans un site Natura 2000 l’immersion de récifs artificiels est soumise à « évaluation des incidences ».

Eléments d’aide à la décision

  • Les efforts de cartographie des biocénoses liés aux démarches « Parcs naturels marins, Natura 2000 en mer, Analyse Stratégique Régionale » ou portée par d’autres acteurs doivent permettre d’identifier les zones d’implantation potentielles ;
  • en termes d’utilisation de l’espace marin une synergie entre récifs artificiels et énergies marines renouvelables est à rechercher ;
  • l’aménagement en récifs artificiels n’est pas la mesure à recommander dans l’unique objectif de palier à l’impuissance sur le respect des règlementations (récifs de protection contre les engins trainants par exemple) ;
  • les récifs ayant montré leur inefficacité ou leur toxicité vis-à-vis du milieu marin devrait être enlevés afin de restaurer l’habitat initial ;
  • que peut apporter l’implantation de récifs artificiels (substrats durs) dans un site où la singularité est caractérisée par les substrats meubles en considérant les risques d’artificialisation de la biodiversité, de développement d’espèces envahissantes, etc. ?