Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractèresRéduire les caractères

Sciences participatives : une façon d’observer utilement la nature

Les sciences participatives, ou « sciences citoyennes » pour les anglo-saxons, connaissent un engouement marqué depuis près d’une décennie. Les technologies de l’information et de la communication favorisent nettement ce développement, reflet d’un besoin évident de mieux connaître et donc, de mieux protéger la biodiversité. Il est convenu de dire que les sciences participatives recoupent des programmes d’étude ou de recherche associant des scientifiques et dont la mise en œuvre sur le terrain repose sur la participation de citoyens bénévoles et amateurs. Pour autant, les sciences participatives vont au-delà de cette définition.

Recueillir des données d’observation

Le niveau requis des observateurs amateurs bénévoles pour collecter des données sur une thématique précise et sur la base d’un protocole scientifiquement établi peut être plus ou moins variable.

Un des enjeux majeurs

Proposer des sujets à observer suffisamment intéressants pour le scientifique et le contributeur volontaire, basé sur des paramètres relativement simples à relever.

Méthode et objectifs 

Toutes les précautions doivent être mises en œuvre pour éviter les problèmes d’identification, motiver et accroître le groupe d’observateurs potentiels afin de les fidéliser : un ensemble d’actions qui concoure en amont à asseoir le succès du projet et son appropriation par le plus grand nombre afin qu’il dure dans le temps. 

L’objectif premier est ici de parvenir à des jeux de données suffisamment importants, solides et relativement sûrs pour une analyse scientifique. En parallèle, recueillir des données d’observations rentrant dans un processus d’inventaire est tout aussi important d’autant que ces inventaires nationaux peuvent être interrogés à un niveau européen ou mondial, pour connaître la répartition de certaines espèces ou préciser les « points chauds » de biodiversité. 

Coordonner et structurer les démarches

La France, comme d’autres pays produisant des quantités de données relatives à l’environnement, s’organise pour installer un Observatoire national de la biodiversité. Le premier acte a été d’établir un Système d’information sur la nature et les paysages (SINP) avec notamment un volet mer. L’objectif consiste à mettre en œuvre l’organisation humaine, technique et scientifique nécessaire pour favoriser l’hébergement sécurisé de données validées en utilisant les moyens de l’Etat et de ses établissements publics. A ce titre, le réseau d’observateurs en plongée, développés par l’Agence, propose un portail des différentes initiatives existantes. Le SINP mer œuvre dans l’organisation de l’information issue des sciences participatives littorales et marines en poursuivant l’identification des dispositifs existants ou en devenir et en veillant à la cohérence de l’organisation de ces initiatives. 

Les sciences participatives marines et littorales s’adressent à trois publics différents

  1. Les pratiquants usagers du plan d’eau, embarqués. Ils fréquentent les eaux du bord de mer jusqu’à la limite des eaux sous juridiction nationale (200 miles nautiques au plus éloigné). Il s’agit des plaisanciers, pêcheurs, transporteurs ou croisiéristes ;
  2. les plongeurs (apnéistes et scaphandriers) qui, dans le cadre de l’exercice loisir subaquatique, observent les fonds marins (0 à 60 mètres de profondeur environ) ;
  3. les promeneurs, pêcheurs à pieds et naturalistes amateurs qui fréquentent l’estran et la laisse de mer, quelle que soit l’amplitude des marées.

> Fiche technique « les sciences participatives et le système d’Information sur la Nature et les Paysages »  

Sensibiliser et communiquer

Pour le moins complexes, les sciences participatives se jouent aussi de cette relation avec le monde de la science ou des enjeux de « porter à connaissance » pour assister des politiques publiques. Elles sont aussi un moyen pour :

  • rapprocher les citoyens des sciences, 
  • faire qu’ils découvrent ou redécouvrent un environnement ou leur environnement du quotidien, soient les témoins et relais des changements globaux, 
  • faire comprendre les enjeux liés à la protection des milieux, 
  • attirer l’attention sur la sensibilité des espèces, sur le fait que tout est lié, 
  • faire émerger des projets de territoires et des dialogues entre acteurs.

Cette démarche est un formidable vecteur de messages et d’actions citoyennes, voire éco-citoyennes avec un volet éducation relative à l’environnement des plus intéressants. Accroître et renforcer la culture naturaliste des observateurs ponctuels ou aguerris sont une des clés pour pérenniser durablement ce type de projet. 

Reste le plus important : 

  • une restitution des résultats, régulière, 
  • une information tangible et concrète sur l’utilisation des données,

pour rassurer, asseoir et respecter l’investissement et la relation de confiance qui sont au cœur de ces démarches d’observations volontaires, bénévoles et pour le moins utiles.

Observations de l’estran

Dans le cadre des actions du volet mer du SINP, l’Agence est partenaire du programme BioLit, encadré par le Muséum(...)

Réseau d'observateurs TsiÔno à Mayotte

TsiÔno qui veut dire « j’ai vu » en shimaoré est un réseau participatif, animé par le Parc naturel de(...)

Réseau d’observateurs en plongée

Plongeurs, organismes de plongées et associations se mobilisent depuis de nombreuses années pour observer le monde sous-marin et suivre ses(...)