Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractèresRéduire les caractères

PALIMMA : un programme scientifique et participatif aux Marquises pour mieux connaître le patrimoine culturel lié à la mer

Le programme PALIMMA a été lancé en 2013 aux Marquises pour mieux connaître les enjeux de protection et de valorisation du patrimoine culturel lié à la mer. Il a duré deux ans et a concerné 26 vallées des six îles habitées des Marquises. Sa mise en œuvre a été réalisée par la fédération culturelle et environnementale des Marquises Motu Haka, l'ex-Agence des aires marines protégées, l'Institut pour la recherche et le développement (IRD) et le Muséum national d'Histoire naturelle (membres de l’unité mixte PALOC). Il a été lauréat d’un appel à projet de la Fondation France.

Le savoir-faire des scientifiques et les connaissances des marquisiens mobilisés pour définir les enjeux de protection de ce patrimoine culturel

« Tout projet de gestion d’un espace maritime renvoie à la conception que les gens ont de leur patrimoine », rappelle Sophie-Dorothée Duron, représentante de l’Agence des aires marines protégées en Polynésie française et coordinatrice du programme Palimma. « Explorer la dimension culturelle du milieu marin est donc essentiel pour cerner les enjeux d’un territoire », reprend-elle. « Bien sûr, ce savoir peut se construire grâce à la vision des scientifiques, mais le patrimoine est surtout ce que les gens considèrent comme important pour leur identité ». La parole doit être donnée à la population. « Dans cette culture de tradition orale, le patrimoine est éminemment immatériel et c’est dans la transmission qu’elle s’incarne » explique Pierre Ottino, membre de Palimma et archéologue à l’IRD.

Pendant deux ans, le programme « Palimma » s’est donc penché sur la vision que la population marquisienne a des enjeux de protection du patrimoine culturel lié au littoral et à la mer, dans le cadre de la mise en œuvre de deux grands projets portés par la Polynésie française et la communauté de communes des Marquises (CODIM) :

  • l’inscription de l’archipel au Patrimoine mondial de l’Unesco qui intègre la notion de patrimoine culturel au volet marin et
  • la création d’une grande aire marine protégée aux Marquises.

« Palimma  est novateur car il se fonde sur une combinaison équilibrée des apports de la science et de la société civile », souligne Pascal Erhel-Hatuuku chef de projet UNESCO Marquises. Il fait appel aux compétences scientifiques d’ethnologues et d’archéologues, aux techniciens de la protection des espaces et aux porteurs de savoirs marquisiens. Grâce à une approche de cartographie participative et à des entretiens individuels, plus de 600 personnes issues de 26 vallées marquisiennes ont pu échanger, partager leur connaissances et proposer plus de 1200 éléments patrimoniaux et pas moins de 500 propositions de gestion associées. « Nous allons croiser ce savoir “à dire d’acteurs” avec un savoir “à dire d’experts”. C’est ce qui fait la richesse de la co-construction des enjeux de protection de ce patrimoine vivant », reprend Frédérique Chlous, l’une des trois scientifiques impliquées, ethnologue au MNHN.

Mais l’innovation du programme tient aussi dans l’implication directe de la population dans ce programme de recherche. Une équipe de huit personnes, issues des six îles habitées des Marquises, a été formée aux différentes notions du patrimoine, aux techniques d’enquête et de cartographie participative et fait le lien, en langue marquisienne, entre les habitants porteurs de savoirs et les scientifiques. « C’est un enjeu majeur que notre population soit partie prenante de ces projets de territoire » précise Toti Teikiehuupoko, président de Motu Haka.

Bientôt, les résultats du programme

Des restitutions ont déjà eu lieu aux Marquises en 2014, afin de partager et valider les informations. Les résultats finalisés de Palimma sont attendus pour fin 2015 et seront diffusés selon différents vecteurs proposés par la population.

A télécharger :