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Le Parc naturel marin des Glorieuses

Des contrôles pour renforcer la protection des espèces menacées aux Glorieuses

08/12/2017 Activités professionnelles - Patrimoine naturel - Océan Indien

Le Parc naturel marin des Glorieuses possède un patrimoine naturel exceptionnel. L’isolement et l’absence d’habitants permanents sur l’archipel ont longtemps permis de préserver ses eaux des pressions humaines. Aujourd’hui considéré comme un véritable refuge de biodiversité, il joue un rôle essentiel dans le réensemencement corallien et la préservation des espèces menacées de la région. Ce sanctuaire marin, parmi les derniers du canal du Mozambique, doit toutefois faire face à des menaces grandissantes liées à l’exploitation illicite de ses ressources marines.

Le Parc naturel marin a pour objectif de protéger ce patrimoine naturel, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux. C’est dans cet objectif que le Parc a participé à sa première mission de surveillance aux Glorieuses, organisée dans le cadre d’un projet de coopération régionale.

Une collaboration efficace

Deux campagnes de surveillance des pêches dans le bassin Sud de l’océan Indien, et notamment dans le périmètre du Parc naturel marin des Glorieuses, ont été mises en œuvre :

  • du 21 août au 8 septembre 2017,
  • du 27 octobre au 15 novembre 2017.

Elles ont été mises en œuvre dans le cadre d’un partenariat entre :

  • la Préfecture de la Réunion représentée par la Direction de la mer sud océan Indien (DMSOI),
  • l’administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et
  • l’Agence française pour la biodiversité, dont dépend le Parc naturel marin.

Cette mission de surveillance participe à la mise en oeuvre du plan de gestion du Parc naturel marin des Glorieuses et s'inscrit dans le plan régional des pêches de la Commission de l'océan Indien.

Sur les deux campagnes menées, des inspecteurs de police des pêches français (dont deux agents du Parc naturel marin des Glorieuses), malgaches, comoriens, seychellois et mozambicains (sept inspecteurs lors de la première campagne, cinq pour la seconde), ont embarqué à bord du patrouilleur des affaires maritimes Osiris pour le contrôle des navires en action de pêche dans la région sud-ouest de l’océan Indien.

Lors de la première campagne, quatre navires ont fait l’objet d’un contrôle avec le constat de diverses infractions et deux procédures de police ont été établies pour du braconnage d’holothuries. Trois de ces bateaux ont été interceptés dans la Zone Économique Exclusive (ZEE) de Madagascar et le dernier dans celle des Glorieuses, mais les quatre navires étaient en route ou sur le retour des eaux des Glorieuses.

Lors de la seconde campagne, neuf navires ont fait l’objet d’un contrôle dont cinq avec une visite des Inspecteurs à bord des embarcations.
Là encore, le trafic d’holothuries prégnant à la jonction des eaux malgaches et des Glorieuses a été mis en évidence par l’interception d’un navire de pêche malgache surpris en action de pêche sous-marine à l’holothurie sur le banc du Leven avec 60 personnes à son bord.
Un navire de pêche à la palangre sous pavillon et licence seychellois a par ailleurs été intercepté en ZEE des Seychelles alors qu’il utilisait des balises d’identification automatique des navires* pour signaler ses filets. Le contrôle opéré à bord a permis de découvrir environ 700 kg d’ailerons de requins dissimulés dans les cales.

* Le système automatique d’identification (AIS) des navires est un outil destiné à accroitre la sécurité de la navigation et l’efficacité de la gestion du trafic maritime. Son utilisation renforce à la fois la sécurité et la sureté maritime et est géré par les CROSS. Ce système est quelquefois détourné par les pêcheurs pour repérer les filets qu’ils ont posés.

Les holothuries et les requins, des espèces prisées et vulnérables

Certaines espèces d’holothuries (ou concombres de mer) sont exploitées dans le monde entier, notamment pour l’export des produits séchés (trepang) consommés par les populations asiatiques. Les holothuries sont particulièrement vulnérables à la surpêche de par leur forte valeur marchande, la facilité de leur récolte et leur mode de reproduction annuel. Certaines espèces sont à ce titre intégrées dans la liste rouge de l’UICN.

En 2015, le Parc naturel marin a mis en oeuvre une mission scientifique afin de mieux estimer l’abondance des espèces à haute et moyenne valeur commerciale pour mettre en œuvre les mesures adéquates pour les protéger.

Plusieurs d’entre elles, présentes aux Glorieuses - dont trois espèces menacées -, sont ciblées par une pêcherie illégale dont l’activité tend à croître depuis quelques années sur le territoire.

A l’échelle du sud-ouest de l’océan Indien, les requins pêchés sont très souvent non identifiés au niveau de l’espèce et sont victimes du « finning », une pratique consistant au découpage de l’aileron, partie ayant une haute valeur commerciale. Rejetés en mer, les requins mutilés et toujours vivants sont dans l'incapacité de nager et sont voués à une mort certaine. Malgré son interdiction, l’activité perdure et entraîne une surpêche des requins.

Rappel des objectifs du Parc

Ces contrôles s’inscrivent dans les objectifs à long terme du Parc naturel marin des Glorieuses, appelés orientations de gestion :

  1. Protéger le patrimoine naturel, particulièrement les tortues, les récifs coralliens et les mammifères marins, notamment par une surveillance maritime adaptée aux enjeux et la sensibilisation des acteurs et des usagers ;
  2. Faire des eaux des Glorieuses un espace d'excellence en matière de pêches durables (côtières et hauturières) ;
  3. Faire de cet espace un lieu privilégié d'observation scientifique de la biodiversité marine du canal du Mozambique pouvant intégrer des observatoires pour contribuer à l'amélioration des connaissances ;
  4. Encadrer les pratiques touristiques et accompagner le développement d'un écotourisme respectant le caractère préservé de cet espace.

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