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Le Parc naturel marin des Glorieuses

Première mission réussie pour l’équipe du Parc des Glorieuses

21/10/2015 Connaissance - Océan Indien

Créé en 2012 dans la continuité du Parc naturel marin de Mayotte, le Parc naturel marin des Glorieuses est doté d’un plan de gestion depuis février 2015.

L’équipe technique chargée de sa mise en œuvre, commune aux deux parcs, a préparé la première mission sur place pendant plusieurs mois, avant d’appareiller le 25 septembre dernier. Six agents du Parc (dont un chargé de mission dédié aux Glorieuses, mis à disposition par les Terres australes et antarctiques françaises), accompagnés de deux scientifiques de KELONIA/IFREMER et du bureau d’études Biorécif, sont rentrés ce dimanche 11 octobre avec de nouvelles données plein les cales…

Un sanctuaire marin menacé

L’Archipel des Glorieuses possède un patrimoine naturel exceptionnel. L’isolement et l’absence d’habitants permanents sur le territoire ont longtemps permis de préserver l’archipel et le Banc du Geyser des pressions humaines. Ils sont aujourd’hui considérés comme un véritable refuge de biodiversité et jouent un rôle essentiel dans le réensemencement corallien et la préservation des espèces menacées (requins, concombres de mer, tortues marines, thons, etc.) de la région. Ce sanctuaire marin, parmi les derniers du canal du Mozambique, doit toutefois faire face à des menaces grandissantes liées à l’exploitation de ses ressources marines.

Des connaissances à approfondir

Les connaissances existantes sur le Parc sont toutes issues des missions scientifiques qui y ont été menées ponctuellement. Si l’isolement des Glorieuses a largement contribué à soustraire les habitats marins de pressions anthropiques importantes, cette caractéristique rend également très difficile l’accès des scientifiques au territoire, notamment pour des raisons logistiques.

L’ensemble des connaissances acquises sont essentielles pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes (à l’échelle locale et régionale) et la biologie des espèces recensées. Ces données sont indispensables pour pouvoir identifier les enjeux de conservation sur le territoire et mettre en place des mesures de gestion adaptées et efficaces.

Objectifs de cette première mission

Pour cette première mission, l’équipe du Parc - composée de biologistes, d’un spécialiste de la qualité de l’eau et de plongeurs professionnels - avait pour objectifs d’acquérir des connaissances sur 4 thématiques : les tortues marines, les herbiers de phanérogames, les holothuries et la qualité de l’eau.

TORTUES MARINES

Les objectifs de la mission :

  • Étudier les déplacements de tortues vertes immatures 
  • Estimer l’origine et les temps de séjour des tortues vertes immatures au sein de leur habitat d’alimentation
  • Améliorer les connaissances sur le comportement alimentaire des tortues vertes immatures
  • Parfaire la connaissance de l’écologie des tortues marines en conditions environnementales et anthropiques contrastées (comparaison avec La Réunion, Europa, Juan de Nova et Mayotte).

Ce volet sur les tortues marines, comme celui sur les herbiers, s’inscrit dans la mise en œuvre du plan national d’action en faveur des tortues marines.

 

HERBIERS DE PHANEROGAMES

Les objectifs de la mission :

  • Réaliser l’inventaire et la cartographie de la distribution spatiale des herbiers marins
  • Définir des stations de suivis représentatives des herbiers marins de l’archipel des Glorieuses ; le suivi de leur état de santé permettra à moyen/long terme de détecter tout signe de dégradation conduisant, le cas échéant, à mettre en place des mesures de conservation
  • Contribuer à la cartographie des habitats marins par des points de référence (ou points de vérité terrain) relevés par imagerie hyperspectrale
  • Contribuer à l’étude de l’écologie fonctionnelle des habitats marins remarquables du Parc naturel marin des Glorieuses, via le suivi télémétrique de tortues vertes juvéniles
  • Contribuer à la compréhension de la distribution des habitats marins de l’archipel des Glorieuses, via la description de la qualité de la colonne d’eau.

Au-delà des objectifs locaux de gestion, le projet vise également à renforcer la compréhension de la dynamique des herbiers marins à l’échelle du sud-ouest de l’océan Indien.

HOLOTHURIES

Les holothuries (ou concombres de mer) sont exploitées dans le monde entier, notamment pour l’export des produits séchés (trepang) consommés par les populations asiatiques. Les holothuries sont particulièrement vulnérables à la surpêche de par leur forte valeur marchande, la facilité de leur récolte et leur mode de reproduction annuel. Cette surpêche a été identifiée dans de nombreuses îles du sud-ouest de l’océan Indien (Madagascar, Comores, Zanzibar…).

Les objectifs de la mission :

  • Estimer l’abondance des espèces observées à haute et moyenne valeur commerciale
  • Améliorer les connaissances sur les espèces d’holothuries présentes à Glorieuses, 
  • Compléter l’inventaire d’autres invertébrés benthiques (échinides, astérides, ophiurides).

QUALITE DE L’EAU

Le Parc doit rédiger un état des lieux et établir les caractéristiques d’un réseau de suivi potentiel de la qualité des eaux adapté au contexte isolé des Glorieuses.

Les objectifs de la mission :

  • Acquérir des données caractéristiques de saison sèche sur la qualité de l’eau (paramètres physico-chimiques)
  • Échantillonner les différents types de substrats (sols marins) aux fins d’analyses physico-chimiques du sédiment
  • Établir la situation en matière de contamination chimique de l’eau et des sédiments
  • Réaliser sur différents points des profils verticaux température/salinité pour établir un instantané de la structuration de la colonne d’eau dans le lagon en saison sèche
  • Prélever des échantillons d’organismes vivants (peuplements benthiques) sur divers types de sols pour aider à la compréhension de la distribution des habitats.

 

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