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Agoa, le sanctuaire des mammifères marins aux Antilles françaises

Reconnu le 27 octobre 2012 comme aire spécialement protégée au titre du protocole SPAW (Specialy Protected Areas and Wildlife), Agoa est la première aire marine protégée (AMP) de statut international « zone spécialement protégée de la convention de Carthagène » dont l’Agence des aires marines protégées assure la gestion directe.

Le sanctuaire Agoa a pour objectif de garantir un bon état de conservation des mammifères marins en les protégeant, ainsi que leurs habitats, des impacts négatifs directs ou indirects, avérés ou potentiels, des activités humaines.

Cinq principes de la déclaration de création du sanctuaire guident son action : protéger, connaître, échanger, sensibiliser et coopérer.

Pour connaitre toutes les actualités d’Agoa, rendez-vous sur son site dédié : www.sanctuaire-agoa.fr

Plus d’une vingtaine d’espèces de mammifères marins

Plus d’une vingtaine d’espèces de mammifères marins fréquente les eaux du sanctuaire :

  • des cétacés à dents (odontocètes) comme les grands cachalots et les dauphins tachetés tropicaux, et
  • des cétacés à fanons (mysticètes) comme les baleines à bosse, qui viennent se reproduire et mettre bas dans les eaux chaudes de la Caraïbe.

État des connaissances

La partie océanique d’Agoa, le large, est peu connue et le mode de vie des mammifères marins dans cet espace encore moins.

Nous en savons un peu plus à proximité des côtes où zones lagonaires, tombants et canyons sont diversement utilisés par les animaux. Ces zones sont aussi le domaine des usages maritimes, pêche, plaisance, trafic maritime, sources de pression et potentielles menaces pour les mammifères marins.

Ces animaux sont populaires auprès du grand public mais encore mal connus scientifiquement ; le renforcement de la connaissance pour améliorer leur protection constitue l’un des grands enjeux du sanctuaire Agoa.

Carte d'identité du sanctuaire Agoa

Périmètre du sanctuaire Agoa
  • Nom : Agoa. Le terme « Agoa » fait référence à « Maï d’Agoa », la mère de l’esprit des eaux dans la mythologie amérindienne.
  • Date de création : 27 octobre 2012
  • Désignation : zone spécialement protégée de la convention de Carthagène, appelée plus couramment aire protégée « SPAW » (Specialy Protected Areas and Wildlife) en référence au protocole sur les aires et les espèces spécialement protégées de cette convention.
  • Statut : international
  • Superficie : 143 256 km2, ce qui correspond à la totalité de la superficie de la Zone économique exclusive (ZEE) des Antilles françaises.

Une gouvernance locale dédiée

Agoa est gouverné par un conseil de gestion réunissant 53 membres, représentants de la diversité de l’archipel de la Guadeloupe, de la Martinique, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Il est composé d’acteurs de la mer : élus, pêcheurs professionnels, usagers de loisirs, opérateurs touristiques, associations de protection de l’environnement, experts et services de l’État.

Le conseil de gestion définit la politique du sanctuaire : plan de gestion, programme d’actions, suivis et évaluation via la mise en œuvre d’un tableau de bord. Il élabore des propositions pour l’autorité de l’État compétente en matière d’encadrement ou de réglementation des activités ayant un effet négatif sur les mammifères marins.

Activités humaines et cétacés : vers une cohabitation harmonieuse

  • Le trafic maritime, commercial ou de plaisance, peut être à l’origine de collisions.
  • Les pollutions diffuses se concentrent le long de la chaîne alimentaire et entraînent un niveau élevé de contamination des cétacés de par leur position de prédateurs supérieurs.
  • L’observation des cétacés peut être source de dérangement ; elle doit se pratiquer de façon respectueuse afin de garantir leur tranquillité.
  • Les manœuvres militaires et travaux sous-marins génèrent des perturbations sonores, de même que le trafic maritime dans une moindre mesure. Ces pollutions acoustiques nuisent à l’orientation et à la communication des cétacés et conduisent parfois à des échouages.
  • La pêche peut être source de captures accidentelles de petits et grands cétacés, pas toujours mortelles, mais qui diminuent considérablement les capacités et la vitalité des animaux concernés.
  • Les déchets peuvent entraver les animaux ou être ingérés (asphyxie, occlusions, etc.).

Pour maîtriser et réduire ces pressions, Agoa développe des actions de sensibilisation et fédère les initiatives des acteurs de la mer ; son conseil de gestion peut proposer des mesures réglementaires.

Protéger au-delà des frontières

Les enjeux de conservation et de gestion des mammifères marins dépassent les frontières nationales de par la très grande mobilité de ces espèces et les dimensions souvent sous-estimées de leurs « zones de vie ».

Une approche régionale et internationale s’impose ainsi pour la gestion de toute aire marine protégée dédiée à la protection des mammifères marins.

Depuis sa création, Agoa travaille sous le signe de l’ouverture pour tisser des liens de coopération avec les aires marines protégées existantes (et à venir) dans la région Caraïbe et avec les pays partageant nos populations de mammifères marins. Ensemble, nous améliorons les connaissances des populations et favorisons la mise en place de mesures de protection cohérentes à grande échelle.

Pour en savoir plus :

visitez le site internet du sanctuaire Agoa