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Interventions de préservation de l’environnement marin dans les aires marines protégées

Contribuer au bon état des eaux marines : vaste ambition pour des aires marines protégées aux territoires plus ou moins étendus. En intervenant à leur échelle et à celle du réseau, les gestionnaires disposent d’un panel de moyens appelé à se développer avec la mise en place d’un véritable réseau d’AMP.

Quelque soit le texte : convention sur la diversité biologique, conventions de mers régionales, directives européennes, tous affirment le rôle déterminant des aires marines protégées pour parvenir à la préservation de l’état des mers et océans. Ces textes engagent les états signataires, à mettre en place un réseau cohérent en ce sens. En effet, les gestionnaires d’aires marines protégées disposent de moyens d’actions qui, mis bout à bout, finissent par contribuer significativement à l’objectif de préservation.

Mieux connaître pour mieux protéger

La stratégie nationale de création et de gestion des aires marines protégées (2007 et 2012) prévoit que les AMP soient un élément structurant du dispositif de connaissance et de suivi du milieu marin.

Historiquement, les aires marines protégées se sont constituées autour des laboratoires d’océanographie sous l’impulsion de chercheurs qui y ont implanté des suivis à long-terme du milieu marin, aujourd’hui fondamentaux pour calibrer les dispositifs de connaissance et de suivi. Le Parc National de Port-Cros et le Centre d’Océanologie de Marseille, la Réserve de Cerbères Banyuls et le laboratoire Arago, le lagon de Moorea et le CRIOBE forment ainsi des tandems reconnus en matière de recherche consacrée aux AMP.

En changeant d’échelle en taille et en nombre, le déploiement des aires marines protégées interpellent le monde de la recherche en posant de nouvelles questions fondamentales à un rythme souvent accéléré par rapport au temps de questionnement scientifique indispensable. Chaque aire marine protégée, mais aussi le réseau lui-même devient objet de recherche et véritable laboratoire.

Pour aller plus loin, les gestionnaires se dotent souvent de stratégie scientifique : le Parc National de Port-Cros édite des recueils réguliers de publications et a organisé pour ses 50 ans, en 2013 une revue générale des thématiques étudiées. Dans la pratique, la grande majorité des équipes scientifiques océanologiques françaises sont impliquées dans des travaux liés à des aires marines protégées. La mission de connaissance est l’un des fondamentaux de l’Agence française pour la biodiversité. Les programmes se multiplient sur tous les océans. C’est aussi un des objectifs fondamentaux des parcs naturels marins.

 

L’Agence, dans sa fonction de relais des gestionnaires, organise chaque année un ou plusieurs évènements : colloque, séminaire, atelier ou contribue à ceux-ci. Par exemple, la mission d'étude pour un parc naturel marin sur les Pertuis charentais et l’Estuaire de Gironde, a organisé en 2010 un colloque sur l’état de la recherche sur ce territoire, ce fut le cas aussi de la mission du golfe normand-breton, en novembre 2011. L’ex Agence des aires marines protégées elle-même a organisé, en 2011, un séminaire sur les paysages sous-marins et en 2012, un autre sur les sciences humaines et sociales et un colloque sur l’approche écosystémique appliquée aux aires marines protégées.

 

Mieux suivre :

Le suivi scientifique est fondamental dans une aire marine protégée, qu’il s’agisse des milieux naturels, des espèces des paramètres environnementaux ou des activités humaines. Suivant les cas et les moyens dont disposent les gestionnaires, ce suivi sera effectué en direct ou par des équipes externes et aura une intensité variable. Un animateur de sites Natura 2000 ou l’association gestionnaire du plan de gestion des espaces maritimes (PGEM) de Moorea, un outil de gestion locale, ne disposent pas des mêmes moyens qu’un parc naturel marin ou national ou même qu’une réserve naturelle marine. 

Le rôle de l’Agence est alors de développer un programme complet et cohérent d’appui aux gestionnaires en la matière, qui permettent de compléter les dispositifs de suivis à l’échelle de chaque site et du réseau. Des conventions avec les deux pôles mer d’excellence en PACA et en Bretagne ont, par exemple, permis de recenser les besoins des gestionnaires et les technologies en développement en matière de suivi des milieux sous-marins et déboucheront sur des expérimentations et déploiements à l’échelle du réseau d’AMP.

A terme, il est certain que le réseau des aires marines protégées constituera un référentiel incontournable et complémentaire des dispositifs de suivis scientifiques du milieu marin opérés par les stations marines ou les instituts comme IFREMER et l’IRD. Faire le lien entre ces démarches scientifiques et les gestionnaires mais aussi avec les apports d’une science « citoyenne », constitue un enjeu très fort.

Mieux protéger :

Les démarches permettant de déployer une gestion efficace des aires marines protégées à une échelle cohérente avec la prise en considération des enjeux sont alors systématiquement encouragées par l’Agence.

Exemples :

  • Le Parc naturel marin d’Iroise protège sa population de phoques en menant des actions sur les reposoirs, la connaissance, l’alimentation… et s’associe avec les principaux autres sites en France (ex : réserve des Sept-Îles) et au Royaume-Uni. En parallèle, l’Agence est partenaire de l’Université de La Rochelle qui a développé un réseau de suivi cohérent des populations (SIG phoques).
  • La mission de cartographie des habitats marins patrimoniaux couvre la très grande majorité des sites Natura 2000 ayant une partie marine importante. Le cahier des charges et l’encadrement scientifique communs de cette mission permettront de situer l’importance relative des sites pour chaque habitat et espèces concernés, ce que n’auraient pas permis des méthodes prises isolément sur chaque site. En complément, une convention avec Ifremer–Dyneco permet d’utiliser les résultats, les thèses et travaux du réseau benthique breton et de les mettre en relation avec les données océanographiques, pour le Sud Bretagne. Cet ensemble de démarches de haute valeur scientifique permettront de définir des priorités de gestion de chaque site : tel site Natura 2000 aura une responsabilité très forte sur les herbiers, tel autre sur les grands dauphins….Cette approche est indispensable pour une contribution efficace au bon état de chaque région marine, conformément à la directive cadre stratégie pour le milieu marin. Il en sera de même des campagnes lancées sur les oiseaux et mammifères marins en métropole ou outre-mer, par exemple.
  • Le réseau des réserves marines méditerranéennes, constituent autant de réserves de pêche et de zones de reconstitution des ressources halieutiques de certaines espèces dont les effets bénéfiques et exportateurs ne sont plus à démontrer. Les pêcheurs professionnels et plaisanciers eux-mêmes le reconnaissent et sont à l’origine de certaines de ces protections. C’est ce type de démarches, pour les espèces qui peuvent en bénéficier, qui sera à développer à travers le déploiement d’un réseau de réserves halieutiques voulu par le Grenelle de la Mer et la stratégie 2011 des AMP sur 10% des eaux françaises. Le réseau des aires marines protégées constitue alors une des clefs pour sauver les ressources marines, en même temps qu’une gestion raisonnée de la pêche ou des autres activités.
  • Le sanctuaire AGOA dans les Antilles, bien que récent, s’attache déjà à approcher les pays limitrophes de l’arc antillais afin de constituer un ensemble cohérent de gestion des populations de mammifères marins et une convention est d’ores et déjà signée entre l’Agence des aires marines protégées et l'agence américaine, National oceanic and atmospheric administration (NOAA) pour que soient menées des actions communes entre la zone de reproduction caribéenne et la zone d’alimentation du Stellwagen Bank dans la Baie du Massachussets.
 

Mieux gérer

Comme pour la connaissance, un des objectifs fondamentaux des aires marines protégées est de mettre en place une gestion des activités adaptées aux enjeux de conservations.

Tester des dispositifs d’aménagement des fonds marins les moins impactants, mettre au point des engins de pêche les moins dommageables ou les plus sélectifs, tester les réglementations les plus adaptées, faire en sorte que les parcours de manifestations sportives soient les moins dérangeantes pour la faune, c’est pratiquement le quotidien des gestionnaires d’aires marines protégées. Dotés de moyens conséquents, les parcs naturels marins et les parcs nationaux ont vocation à servir de sites pilotes, à l’échelle du réseau. L’Agence soutient bon nombre de projets expérimentaux en la matière à l’échelle française ou régionale.

Les aires marines protégées deviendront également des points d’accès privilégiés pour le grand public en terme de sensibilisation, comme c’est déjà le cas de la politique d’accueil sur les terrains du Conservatoire du littoral par exemple. Les collaborations avec les grands centres de découverte de la mer que sont les aquariums seront alors démultiplicateurs : un espace est consacré au Parc naturel marin d’Iroise et aux aires marines protégées à Océanopolis (Brest).

Mieux surveiller

L’Agence participe à la fonction garde-côte et a signé avec la direction des Affaires maritimes et la direction de l’eau et de la biodiversité une convention pour la mise en œuvre des plans de contrôle et de surveillance. En effet, un des enjeux est la bonne mise en œuvre des réglementations existantes.

L’objectif est que les moyens de l’État en mer puissent être mobilisés pleinement pour la mise en œuvre de la gestion des aires marines protégées en appui à ceux dont disposent les gestionnaires. Plus on s’éloigne vers le large, plus cette question devient cruciale avec l’augmentation des tailles de navires nécessaire. Cela devient indispensable dès lors que l’on atteint le large et la haute-mer pour la mise en œuvre de la gestion sur les aires marines protégées, OSPAR, au milieu de l’Atlantique, par exemple.